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Le portefeuille FNB anti-inflationniste fiscalement avantageux pour les investisseurs canadiens

Face à une inflation persistante, les investisseurs canadiens cherchent des moyens de protéger leur capital. Une stratégie consiste à se positionner sur les entreprises qui produisent les matières premières essentielles, plutôt que de miser directement sur les marchés…

Le portefeuille FNB anti-inflationniste fiscalement avantageux pour les investisseurs canadiens

Face à une inflation persistante, les investisseurs canadiens cherchent des moyens de protéger leur capital. Une stratégie consiste à se positionner sur les entreprises qui produisent les matières premières essentielles, plutôt que de miser directement sur les marchés à terme souvent volatils.

L’inflation est intrinsèquement liée à l’évolution des prix des intrants qui composent le coût de la vie : énergie, alimentation, métaux, matériaux de construction et composants industriels. Lorsque ces prix augmentent, l’indice des prix à la consommation (IPC) suit généralement la même tendance.

Si les contrats à terme sur le pétrole, le gaz ou les matières premières agricoles peuvent sembler une solution directe, ils présentent des inconvénients notables. Le « contango », situation où les contrats à long terme sont plus chers que les prix au comptant, peut éroder les rendements, même en période de hausse des prix.

Une alternative plus intéressante pour les investisseurs à long terme consiste à investir dans les entreprises qui produisent, transforment et distribuent ces ressources naturelles. Ces sociétés offrent un effet de levier opérationnel : leurs bénéfices peuvent croître plus rapidement que les prix des matières premières, car les coûts fixes sont répartis sur un chiffre d’affaires plus élevé.

Pour les Canadiens, cette approche présente un avantage fiscal supplémentaire. Les fonds négociés en bourse (FNB) du secteur des ressources nationales (hors immobilier) peuvent être détenus dans des comptes non enregistrés et bénéficier du crédit d’impôt pour dividendes, ce qui en fait un complément pertinent à un portefeuille diversifié.

Il est possible de construire un portefeuille simple et ciblé en combinant deux FNB sectoriels cotés à la Bourse de Toronto (TSX) d’iShares, avec une allocation égale de 50/50 : le FNB iShares S&P/TSX plafonné sur l’énergie (XEG) et le FNB iShares S&P/TSX plafonné sur les matériaux (XMA).

XEG : Miser sur la production énergétique

Lancé en mars 2001, le FNB XEG gère actuellement environ 1,46 milliard de dollars canadiens et suit 26 sociétés de l’indice plafonné de l’énergie S&P/TSX. La structure « plafonnée » limite le poids de chaque entreprise à un maximum de 25 %, ce qui est crucial dans un secteur énergétique canadien très concentré. Même avec ce plafond, deux titres représentent à eux seuls près de la moitié du portefeuille, témoignant de la domination de quelques acteurs sur le marché.

XEG se concentre sur les producteurs en amont et les sociétés pétrolières et gazières intégrées, excluant les entreprises de transport et de stockage comme Enbridge ou TC Energy. Ce biais est intentionnel : les producteurs en amont sont plus directement exposés aux fluctuations des prix des matières premières, offrant ainsi une protection plus immédiate contre l’inflation.

En 2021, XEG a affiché une performance de 83,78 %, suivie d’une hausse de 53,17 % en 2022, en raison de la flambée des prix de l’énergie. Cependant, il est important de noter la volatilité de cet ETF. En 2020, lors du choc initial de la pandémie de COVID-19, XEG a chuté de 34,48 % lorsque les prix du pétrole sont brièvement devenus négatifs. Il ne s’agit donc pas d’un investissement défensif et doit être intégré à un portefeuille diversifié.

XEG offre également un rendement de 3,56 % sur 12 mois, versé trimestriellement. La majorité de ces revenus proviennent de dividendes déterminés et de gains en capital, qui bénéficient d’un traitement fiscal avantageux pour les investisseurs canadiens.

Le ratio de frais de gestion de XEG s’élève à 0,61 %. Bien que compétitif lors de son lancement il y a plus de vingt ans, ce taux peut sembler élevé selon les normes actuelles. Une réduction des frais ne semble pas probable, compte tenu de la popularité de ce FNB.

XMA : Diversification vers les matériaux

Le FNB XMA complète l’exposition à l’énergie en investissant dans l’indice plafonné des matériaux S&P/TSX. Il gère environ 455 millions de dollars canadiens et offre une diversification au-delà des seuls métaux.

XMA comprend des sociétés d’engrais et d’intrants agricoles, ainsi que des entreprises forestières et de produits forestiers. Cette composition plus large offre une exposition à plusieurs intrants sensibles à l’inflation.

Contrairement à XEG, XMA a affiché des rendements plus modestes lors de la poussée d’inflation de 2021 et 2022 (3,43 % et 1,25 % respectivement). En revanche, il a enregistré un solide rendement de 20,45 % en 2020, grâce aux mesures de relance budgétaire, aux taux d’intérêt bas et à la forte demande de la Chine.

XMA génère un rendement minimal de 0,37 %, ce qui le rend encore plus efficace sur le plan fiscal. Ses frais de gestion s’élèvent également à 0,61 %, un coût difficile à justifier à la lumière des FNB plus récents, mais qui reste acceptable pour une exposition pure aux matières premières du TSX.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.