Adopter les habitudes alimentaires autrichiennes, c’est souvent renoncer à certaines traditions et découvrir de nouvelles façons de se sentir chez soi. Pour une nouvelle arrivante, cela a commencé par un constat surprenant : le dîner en Autriche peut parfois se résumer à une simple tranche de pain.
Venue d’un pays d’Amérique latine où le dîner est un véritable événement familial, un repas copieux et chaleureux, l’adaptation à la cuisine autrichienne a été progressive. « Chez nous, le dîner est un moment où l’on se réunit autour d’un plat principal accompagné de nombreux accompagnements. Il y a toujours quelqu’un qui en prépare un peu trop : du riz, des haricots, de la viande… Quelque chose qui mijote et qui sent bon », explique-t-elle.
En Autriche, cette tradition a laissé place à une approche plus légère et souvent plus précoce. Un repas peut consister en du pain, du fromage, de la charcuterie, voire des œufs durs ou du saumon fumé. Parfois, une simple soupe suffit, ce qui, pour une habituée des repas copieux, a été une source de déroutement initial.
Ce changement de rythme a d’abord suscité un sentiment de perte. L’auteure se souvient observer les Autrichiens savourer leur repas léger vers 18h00, comme si la journée était déjà terminée, et ressentir une certaine frustration. « Quand on change de pays, on ne regrette pas seulement sa langue ou ses amis, mais aussi les petits rituels quotidiens dont on n’avait pas réalisé l’importance », confie-t-elle.
Petit à petit, elle a cependant appris à apprécier cette nouvelle façon de s’alimenter. Commencer à dîner plus tôt et plus légèrement lui a permis de se sentir moins lourde après les repas, d’éviter la somnolence et de profiter davantage de ses soirées. Elle a également constaté une amélioration de son sommeil et une stabilisation de son poids.
« Au début, je n’ai pas fait le lien entre mes habitudes alimentaires et mon état général. Puis j’ai réalisé que je continuais à manger comme si je vivais encore dans mon pays d’origine », explique-t-elle.
Aujourd’hui, sa famille a adopté un régime plus simple, composé de soupes, de pain et de fromage, ou de plats légers comme du riz et du poisson. Si les repas copieux restent possibles lors d’occasions spéciales, ils ne constituent plus la norme.
« Et le plus important, c’est que nous continuons à partager des moments de convivialité. Nous parlons de notre journée, nous prenons le temps de nous détendre ensemble », souligne-t-elle. De plus, cette nouvelle approche culinaire permet de limiter la quantité de vaisselle et le temps passé en cuisine.
L’auteure anticipe désormais un retour dans son pays natal avec une certaine appréhension. Elle imagine déjà ses parents organisant de grands dîners tardifs, et se demande si elle pourra retrouver ses anciennes habitudes. « Parfois, lorsqu’on vit loin de chez soi pendant longtemps, on se sent étranger, aussi bien dans son pays d’adoption que dans son pays d’origine. C’est peut-être simplement le signe que l’on a le cœur à plusieurs endroits », conclut-elle.
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