De la gospel de son enfance aux rythmes électrisants de Prince et Missy Elliott, la chanteuse Beverley Knight révèle les morceaux qui ont marqué sa vie, de ses premiers émois musicaux à ceux qui l’accompagnent sur scène et dans l’intimité.
L’artiste, actuellement à l’affiche de Marie & Rosetta à Sohoplace, à Londres, jusqu’au 11 avril, et en tournée au Royaume-Uni en juin, confie que sa première fascination musicale est née d’une immersion dans la musique gospel. « Mes parents écoutaient surtout de la musique gospel, la musique profane n’était pas vraiment au centre de nos vies », explique-t-elle. C’est en observant, à l’âge de trois ans, le charisme de Sam Cooke qu’elle a vécu sa première expérience d’amour musical. « Je fixais le disque de Jesus Gave Me Water qui tournait en boucle, hypnotisée par la puissance, la dextérité et la passion brute de son interprétation. »
Son premier achat en magasin, un véritable événement, fut le single I Feel for You de Chaka Khan, alors numéro un des ventes. « J’étais complètement transportée par le refrain, ce fameux ‘Chak-Chak-Chak-Chaka Khan’ ! », se souvient-elle. Récompensée pour ses bonnes manières et ses tâches ménagères accomplies, elle avait supplié ses parents de l’emmener à Our Price, à Wolverhampton, pour l’acquérir.
Lors de ses prestations karaoké, Beverley Knight opte pour un titre exigeant : I Have Nothing de Whitney Houston. « Pour être honnête, j’aime me montrer », avoue-t-elle avec un sourire. « C’est une chanson qui demande beaucoup de technique, de l’étendue vocale et un contrôle de la respiration. Comme je possède ces atouts, je me lance. »
Mais c’est à l’âge de neuf ans, avec la découverte de Little Red Corvette de Prince, que sa vie musicale a pris un tournant décisif. « J’ai été bouleversée, tant par la chanson que par le clip. Je me suis dit : ‘C’est l’homme le plus incroyable que j’aie jamais vu. Je vais l’épouser quand je serai plus grande.’ », raconte-t-elle avec nostalgie. Un rêve, malheureusement, jamais réalisé.
Pour animer une soirée, elle n’hésite pas à lancer Get Ur Freak On de Missy Elliott, un morceau qu’elle décrit comme « absolument explosif ». Et lorsqu’on lui demande quelle chanson elle aime secrètement mais prétend détester, elle répond sans ambages : « Peu importe ce que disent les autres, Who Do You Think You Are des Spice Girls est un véritable tube ! »
L’ambiance idéale pour un moment d’intimité ? Elle évoque avec émotion Untitled (How Does It Feel) de D’Angelo, en hommage au chanteur récemment disparu. « Comment ça se sent ? », s’interroge-t-elle, soulignant la durée du morceau qui permet de savourer pleinement l’instant.
Le matin, c’est sur les notes de Anotherloverholewn-yohead de Prince qu’elle démarre sa journée. « Je chante à tue-tête sous la douche, ce qui agace mon terrier noir et blanc de huit ans, Zain, qui déteste mes vocalises », confie-t-elle. Elle a même tenté de l’emmener en studio, mais Zain a préféré s’enfuir en gémissant dès qu’elle a commencé à chanter.
Il existe une chanson dont elle connaît tous les mots par cœur : You Can Call Me Al de Paul Simon. « C’est entré en moi par osmose », explique-t-elle, amusée.
Enfin, si elle devait choisir un morceau pour accompagner ses funérailles, ce serait, sans surprise, une autre chanson de Prince : Mountains. « J’adore la progression des accords et le chant – ‘It’s only mountains and the sea / There’s nothing greater than you and me’ – qui évoquent une ascension », explique-t-elle. « J’aimerais penser qu’au moment de quitter ce monde, je serai en train de m’élever plutôt que de descendre. Je crois que j’ai été une bonne fille. »
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