Publié le 22 décembre 2025 20:06:00. Le député sud-coréen Ahn Cheol-soo ne sera pas poursuivi en justice pour avoir tenu des propos controversés sur les blessures subies par le chef de l’opposition, Lee Jae-myung, lors d’une agression au couteau l’année dernière. Une enquête de sept mois menée par la police de Yeongdeungpo n’a pas permis de retenir les accusations de diffusion de fausses informations.
- Le député Ahn Cheol-soo avait comparé les blessures de Lee Jae-myung à une mise en scène, suggérant qu’elles n’étaient pas aussi graves que rapporté.
- L’affaire a suscité une vive réaction du Parti démocrate, qui avait porté plainte contre Ahn Cheol-soo pour diffamation et désinformation.
- La police a finalement classé l’affaire faute de preuves suffisantes pour engager des poursuites.
L’incident remonte au 2 janvier 2024, lorsque Lee Jae-myung, alors président du Parti démocrate de Corée, a été attaqué au couteau lors d’un événement public à Busan. Il a subi une blessure à la veine jugulaire interne gauche et a dû être opéré en urgence. Ahn Cheol-soo, membre du Parti du pouvoir du peuple, a ensuite minimisé la gravité de cette blessure dans un message publié sur sa page Facebook le 19 mars 2024.
Dans sa publication, Ahn Cheol-soo a écrit :
« Se retirer du débat public sur l’IA proposé par moi (le président Lee, qui était à l’époque chef du Parti démocrate) est similaire à la façon dont il a été vu étendu mort après s’être égratigné le cou à Busan »
Ahn Cheol-soo, député du Parti du pouvoir du peuple
Il a également établi un parallèle avec l’ancien président américain Donald Trump, qui aurait continué à se battre malgré une blessure par balle.
Ces propos ont immédiatement provoqué l’indignation au sein du Parti démocrate. Des membres ont dénoncé une absence d’humanité et ont appelé Ahn Cheol-soo à se retirer de la vie politique. La commission juridique du parti a déposé une plainte auprès de la police, arguant qu’Ahn Cheol-soo, en tant que médecin, était parfaitement conscient de la gravité des blessures de Lee Jae-myung et qu’il avait délibérément diffusé de fausses informations. Un responsable de la commission juridique a déclaré :
« À l’époque, le représentant Lee a subi des blessures graves qui auraient pu entraîner la mort, notamment des dommages importants à la veine jugulaire interne gauche de son cou, et a été opéré d’urgence et hospitalisé. En tant que médecin agréé, le représentant Ahn savait mieux que quiconque la gravité de la blessure, mais il a ouvertement diffusé de fausses informations selon lesquelles il avait subi des blessures mineures. »
Responsable de la commission juridique du Parti démocrate
Ahn Cheol-soo s’est défendu quatre jours plus tard lors d’une intervention à la radio CBS, affirmant qu’il ne faisait qu’exprimer un avis médical. Il a souligné que si la situation avait été réellement urgente, Lee Jae-myung aurait dû être opéré immédiatement à l’hôpital universitaire national de Pusan, et non transféré par hélicoptère vers Séoul. Il a donc estimé que la blessure n’était pas aussi critique que présentée.
L’enquête policière, qui a duré environ sept mois, a finalement conclu qu’il était difficile de prouver l’intention de nuire ou de diffuser de fausses informations de la part d’Ahn Cheol-soo. L’affaire a donc été classée sans suite. L’origine de cette controverse remonte à un débat sur l’intelligence artificielle initié par Lee Jae-myung, alors chef du parti, qui avait évoqué la création d’une entreprise de type Nvidia avec une participation publique de 30 %.
Cette proposition avait suscité des critiques de la part du Parti du pouvoir du peuple, qui y voyait une forme d' »économie prédatrice ». Lee Jae-myung avait alors proposé un débat public sur le sujet, mais le Parti démocrate n’y avait pas donné suite. C’est dans ce contexte qu’Ahn Cheol-soo avait tenu les propos qui ont conduit à la plainte.