Publié le 22 décembre 2025. Starlink, l’entreprise d’Elon Musk, étend sa couverture réseau d’une manière inédite : en transformant ses satellites en tours cellulaires volantes, offrant ainsi une connectivité mobile dans les zones les plus reculées d’Amérique latine et au-delà.
- Starlink Direct-to-Cell permet aux smartphones compatibles de se connecter directement aux satellites en orbite basse, contournant ainsi le besoin d’antennes terrestres traditionnelles.
- Le service, déjà opérationnel au Chili et au Pérou, offre des fonctionnalités de communication essentielles comme les SMS, les appels vocaux et les messages d’urgence.
- Le déploiement en Amérique latine devrait couvrir jusqu’à 80 % du territoire d’ici 2026, avec des plans d’expansion au Brésil et au Mexique.
L’accès à la téléphonie mobile reste un défi majeur dans de nombreuses régions rurales et isolées. Starlink propose une solution innovante avec son service Direct-to-Cell, qui utilise une constellation de satellites en orbite basse pour fournir une couverture là où les réseaux terrestres sont inexistants ou insuffisants. Chaque satellite est équipé d’un modem eNodeB, similaire à ceux utilisés par les tours de téléphonie mobile 4G, ainsi que d’antennes et de liaisons laser pour assurer la communication avec les opérateurs au sol.
Le fonctionnement est simple pour l’utilisateur. Lorsqu’un smartphone sort de la portée d’une antenne classique, il recherche automatiquement le signal du satellite le plus proche et établit une connexion comme s’il s’agissait d’un réseau terrestre. Aucune application spécifique ni accessoire supplémentaire n’est requis, à condition que le téléphone soit compatible avec la technologie 4G/LTE et dispose des dernières mises à jour logicielles fournies par l’opérateur.
Dans sa phase initiale, Starlink Direct-to-Cell se concentre sur les fonctionnalités de base : envoi et réception de SMS, appels vocaux et communications d’urgence. La vitesse de téléchargement se situe actuellement entre 2 et 20 Mbps (mégabits par seconde), avec une latence comprise entre 100 et 600 millisecondes. Des limitations techniques et réglementaires empêchent pour l’instant le streaming vidéo haute définition ou l’utilisation intensive d’applications multimédia.
L’entreprise prévoit d’améliorer significativement les performances entre 2025 et 2026, en ajoutant la possibilité de passer des appels et de transmettre des données de manière plus fluide. Cela ouvrira la voie à de nouvelles applications, notamment dans le domaine de l’Internet des objets (IoT).
Pour être compatible avec le service, un smartphone doit avoir été lancé au cours des 5 à 7 dernières années et prendre en charge les bandes LTE utilisées dans la région, comme la bande AWS (1700 MHz). Les modèles vérifiés incluent :
- iPhone (série à partir de l’iPhone 12)
- Samsung (Galaxy S21 à S25, série Z et lignes principales A)
- Xiaomi/Redmi (à partir de la série 11)
- Google Pixel (Pixel 6 et versions ultérieures)
- Motorola (Ligne Edge et modèles récents)
- Des marques comme OnePlus, Oppo, Vivo et Huawei prenant en charge les bandes AWS
Le Chili a été le premier pays d’Amérique latine à lancer commercialement Starlink Direct-to-Cell fin 2025, grâce à un partenariat avec l’opérateur Entel. Le Pérou a suivi quelques jours plus tard, en ciblant en priorité les zones rurales et amazoniennes. D’autres marchés de la région, dont l’Argentine, sont en phase de préparation, avec des discussions en cours pour adapter le cadre réglementaire et conclure des accords commerciaux avec les opérateurs de téléphonie mobile.
Selon les estimations de l’industrie, le service devrait être disponible commercialement en Argentine au deuxième trimestre 2026, en même temps que son expansion au Brésil et au Mexique. Starlink ambitionne de couvrir jusqu’à 80 % de la superficie terrestre de l’Amérique latine dans les prochaines étapes de son déploiement.