Home NouvellesTravailleurs du bâtiment à Punta del Este : le syndicat affirme que le climat favorable au tourisme ne se reflète pas dans le nombre d’emplois | le quotidien

Travailleurs du bâtiment à Punta del Este : le syndicat affirme que le climat favorable au tourisme ne se reflète pas dans le nombre d’emplois | le quotidien

by Nicolas Lefèvre

Punta del Este se prépare à une saison estivale prometteuse grâce à l’afflux de touristes argentins, mais cette affluence met à rude épreuve un secteur des services déjà fragilisé par un manque de personnel et des conditions de travail précaires, selon le syndicat des travailleurs du bâtiment.

César Teijón, président du Syndicat unitaire des travailleurs du bâtiment de Maldonado (Sutem), souligne que l’augmentation du nombre de visiteurs, notamment de la classe moyenne supérieure argentine, ne se traduit pas par une augmentation proportionnelle des effectifs. « La quantité de main-d’œuvre que nous avions avant la pandémie de Covid-19 n’a pas été récupérée », a-t-il déclaré, ce qui entraîne une pression accrue sur les employés restants.

Le secteur du personnel de maison est particulièrement touché, avec une pénurie de personnel criante par rapport au nombre croissant de résidences secondaires occupées. L’embauche pour ces postes relève de la discrétion de chaque immeuble, et Sutem déplore son manque d’influence sur les décisions d’embauche et les niveaux de rémunération, qui sont fixés par les administrations des copropriétés. « Au-delà de quelques publications sur les réseaux sociaux, nous n’avons aucune influence », a précisé M. Teijón.

Le syndicat insiste sur la nécessité d’améliorer les conditions de travail et les salaires dans un secteur où les employés sont souvent surchargés et insuffisamment formés. Il estime que le secteur emploie entre 9 000 et 11 000 personnes tout au long de l’année, un chiffre qui grimpe à 15 000 pendant la haute saison estivale.

Par ailleurs, M. Teijón a attiré l’attention sur le rôle important des travailleurs immigrés, qui acceptent souvent des conditions que les locaux refusent, notamment des horaires prolongés et l’absence de jours de repos. Il a précisé qu’il ne s’opposait pas à l’embauche de travailleurs étrangers, mais qu’ils étaient parfois contraints d’accepter des conditions implicites en raison de leur situation économique et de l’absence de soutien familial sur place. Certaines administrations privilégient ainsi les immigrés, qui sont moins susceptibles de vouloir rentrer chez eux après huit heures de travail pour rejoindre leur famille.

Le salaire net des travailleurs saisonniers à Punta del Este s’élève à environ 35 000 pesos (environ 1 000 euros), dont environ 6 000 pesos (environ 170 euros) sont consacrés aux transports en commun. Sutem juge cette indemnité insuffisante et plaide pour une prolongation des contrats au-delà du 10 février, date à laquelle les sources d’emploi commencent généralement à se tarir. « Le salaire est le combat qui se joue à chaque négociation », a affirmé M. Teijón, anticipant une nouvelle négociation avec la Chambre de Commerce et de Services de l’Uruguay en juin 2026.

Enfin, le syndicat dénonce le manque de professionnalisme de certains gestionnaires intermédiaires, souvent nommés par copinage, qui manquent de compétences en matière de gestion du personnel et contribuent au stress au travail et aux problèmes de santé mentale. « Ils devraient être formés pour gérer le personnel au quotidien, comprendre les difficultés rencontrées par les travailleurs et gérer les litiges avec les copropriétaires », a conclu M. Teijón. « Il ne suffit pas de donner un ordre, il faut savoir le transmettre de manière appropriée pour ne pas affecter le travail des employés. »

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