Le gouvernement ghanéen a annoncé le 21 juillet 2026 l’obtention d’une subvention initiale de 250 000 USD du World Gold Council pour formaliser l’exploitation aurifère artisanale. Ce soutien s’inscrit dans un programme global d’un million USD visant à sécuriser les circuits légaux et à garantir une production responsable dans le premier pays producteur d’or d’Afrique.
L’intégration de l’or artisanal dans les circuits officiels devient une priorité stratégique pour Accra. Après des années de lutte contre la contrebande et l’informalité, le Ghana a mis en place une stratégie de formalisation qui attire désormais des partenaires internationaux. Ce nouveau partenariat avec le World Gold Council vise à transformer la perception mondiale de l’or ghanéen.
« Notre objectif est que, chaque fois que vous entendez parler d’or provenant du Ghana, vous ayez la certitude absolue qu’il est issu de sources tout à fait légales »
Emmanuel Armah-Kofi Buah, ministre des Terres et des Ressources naturelles
Le Ghana Gold Board et la montée en puissance de l’ASM
Au cœur de cette mutation se trouve le Ghana Gold Board (GoldBod), l’entité publique chargée de centraliser l’achat d’or auprès des orpailleurs. Ce dispositif a permis un bond spectaculaire de la production artisanale et à petite échelle (ASM). En 2025, la production déclarée a atteint un record de 104 tonnes métriques, dépassant pour la première fois celle issue des grandes exploitations industrielles.
La dynamique semble se maintenir pour l’année 2026. Samuel Gyamfi, directeur général du Gold Board (GoldBod), a indiqué que l’organisme a acheté entre 50 et 54 tonnes d’or au cours du premier semestre 2026.
« Nous en sommes à environ 50 à 54 tonnes métriques cette année (en achats) », a déclaré Samuel Gyamfi, directeur général du Gold Board (GoldBod). « À ce rythme, nous devrions égaler, voire dépasser, la production de l’année dernière. »
Samuel Gyamfi, directeur général du Gold Board (GoldBod)
L’impact financier de ce secteur est désormais massif. L’année dernière, le secteur ASM a généré près de 11 milliards de dollars de recettes en devises, surpassant les 9 milliards de dollars apportés par les grandes sociétés minières.
Recettes d’exportation et volatilité des cours
Malgré des volumes en hausse, le Ghana doit composer avec la fluctuation des prix mondiaux. Le Gold Board avait initialement basé ses prévisions pour 2026 sur un cours moyen de 5 000 dollars l’once et des achats hebdomadaires d’environ 2,5 tonnes métriques. Or, une baisse récente des cours a forcé l’organisme à revoir ses prévisions de recettes à la baisse.
Toutefois, Samuel Gyamfi a précisé que le pays reste en position de générer des recettes d’exportation supérieures à celles de 2025. Cette performance s’explique par le fait que les prix moyens de l’or demeurent au-dessus des niveaux de l’année précédente, même s’ils sont inférieurs aux projections initiales de GoldBod.
Enjeux stratégiques pour le World Gold Council
L’implication du World Gold Council ne relève pas uniquement de la philanthropie. Pour l’organisation, qui regroupe les principales sociétés minières mondiales, la traçabilité de l’or est devenue un enjeu critique pour les banques centrales et les acheteurs internationaux. En soutenant la transparence des chaînes d’approvisionnement, le Conseil cherche à préserver la crédibilité du marché mondial de l’or en tant qu’actif d’investissement.
L’ambition à moyen terme est élevée : les volumes de production artisanale sont attendus autour de 127 tonnes au cours des trois prochaines années.
Cependant, une question fondamentale demeure sur la répartition des gains. Si la formalisation permet à l’État de mieux capter la valeur générée par le secteur — surtout avec la progression des cours depuis 2024 — l’incertitude persiste quant aux bénéfices durables pour les milliers d’orpailleurs dont dépend l’activité.
| Indicateur (Secteur ASM) | Valeur 2025 | Prévisions / État 2026 |
|---|---|---|
| Production déclarée | 104 tonnes métriques | Objectif : égaler ou dépasser 2025 |
| Recettes en devises | ~11 milliards USD | En hausse (malgré baisse des cours) |
| Achats (1er semestre) | – | 50 à 54 tonnes métriques |
Sources: Agenceecofin, Boursorama.
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