Publié le 24 décembre 2025 à 05h02. Une expérience menée auprès d’élèves du secondaire à Innsbruck a démontré les bienfaits d’une déconnexion temporaire des smartphones, révélant un regain d’intérêt pour les activités manuelles, les relations sociales et un sentiment général de bien-être.
- Des élèves ont rapporté avoir découvert de nouveaux passe-temps, comme la jonglerie, en l’absence de sollicitations numériques.
- L’expérience a permis de collecter plus de 2 000 € pour une association caritative locale.
- Les participants ont souligné l’importance de trouver un équilibre sain entre l’utilisation des smartphones et la vie réelle.
À l’heure où la connectivité permanente est devenue la norme, un groupe d’élèves du lycée pédagogique Kettenbrücke d’Innsbruck a relevé un défi original : se déconnecter de leurs smartphones pendant plusieurs semaines. Inspirés par une initiative similaire en Basse-Autriche et un documentaire de l’ORF, ces jeunes ont opté pour des téléphones plus anciens, dépourvus d’accès aux réseaux sociaux, afin d’observer les effets de cette rupture numérique sur leur quotidien.
Johanna Haider, à l’origine de cette expérience, a témoigné des bénéfices personnels qu’elle en a retirés.
« Comme je n’utilisais plus mon téléphone portable de cette façon, j’ai bénéficié de plus d’attention et de patience. »
Johanna Haider
Elle a expliqué avoir cherché une activité nouvelle, exigeant de la persévérance, et s’être finalement tournée vers la jonglerie.
L’expérience a révélé un regain d’intérêt pour les activités traditionnelles et les interactions sociales. Plusieurs élèves ont confié passer davantage de temps en famille ou entre amis, privilégiant les rencontres en personne aux échanges virtuels. Une étudiante a même raconté avoir demandé à ses parents de ranger leurs téléphones pendant les repas.
Si la plupart des participants ont apprécié le temps gagné et le sentiment de détente qui en a découlé, le sevrage numérique n’a pas été sans difficultés.
« La partie la plus difficile était de communiquer avec les amis. »
Un étudiant (non nommé)
Pour pallier l’absence de smartphones, les élèves ont utilisé de vieux téléphones à touches, limitant ainsi leur accès aux plateformes sociales comme Instagram, TikTok ou Snapchat.
L’expérience a également eu un impact positif sur la concentration et les résultats scolaires de certains élèves, qui ont pu se consacrer plus sereinement à leurs études. Au terme de l’expérience, les participants ont été confrontés à un flot de notifications accumulées, témoignant de l’omniprésence du monde numérique.
Pour chaque journée passée sans smartphone, les élèves ont collecté des fonds pour une œuvre caritative. Plus de 2 000 € ont ainsi été versés à l’association « Le bonheur d’un conte au chevet des malades », fondée par Barbara Beinsteiner.
« Ces jeunes qui ont mis tout leur engagement là-dedans, je ne peux pas l’exprimer avec des mots, je suis très touchée et très reconnaissante. »
Barbara Beinsteiner
Cette association propose des animations aux enfants hospitalisés, à travers des contes et de la musique.
Astrid Vantsch, responsable de classe au lycée Kettenbrücke, estime que cette expérience pourrait inspirer d’autres établissements scolaires. Elle souligne l’importance d’une approche critique et réfléchie des médias sociaux et des smartphones, et appelle à une prise de conscience collective de la nécessité de trouver un équilibre sain. Elle estime également qu’il est crucial que les pouvoirs publics mettent en place un cadre juridique pour protéger les jeunes face aux défis posés par le monde numérique.
Les élèves participants ont exprimé leur volonté de tirer les leçons de cette expérience et d’adopter un comportement plus responsable à l’égard de leurs smartphones.
« Je veux vraiment essayer d’utiliser moins mon téléphone et de moins regarder TikTok parce que je viens de remarquer combien de temps je dispose pour d’autres choses. »
Un étudiant (non nommé)
L’objectif pour certains est de retrouver un équilibre entre vie numérique et vie réelle, et de préserver un temps de qualité pour les relations sociales et les activités personnelles.