Publié le 16 mai 2024. Le chanteur argentin Joaquín Levinton a récemment survécu à un infarctus du myocarde grâce à une intervention rapide, un cas qui souligne l’importance de la réactivité face aux douleurs thoraciques et la nécessité de sensibiliser aux symptômes souvent méconnus, en particulier chez les femmes.
- Un infarctus du myocarde est survenu chez Joaquín Levinton, mais il se remet favorablement grâce à une prise en charge rapide.
- Les délais de consultation médicale en Argentine sont souvent trop longs, augmentant les risques de complications graves.
- La Journée des douleurs thoraciques, promue depuis 2021, vise à sensibiliser le public à l’importance de ne pas ignorer les symptômes.
Joaquín Levinton, figure emblématique du groupe Turf, a partagé son expérience sur les réseaux sociaux, révélant qu’il a été victime d’un infarctus aigu du myocarde le vendredi 12 mai. Il a raconté comment la douleur est apparue soudainement :
« Soudainement, ma poitrine a commencé à me faire mal, comme si je ne pouvais plus respirer. »
Joaquín Levinton, chanteur
Heureusement, un serveur du restaurant Timón a immédiatement porté secours à l’artiste, avant l’arrivée rapide des secours qui l’ont transporté à l’hôpital Fernández.
L’intervention rapide s’est avérée cruciale. Les médecins ont confirmé qu’il souffrait d’une artère bloquée et ont pratiqué une angioplastie en urgence, avec la pose d’un stent – un petit tube métallique expansible qui permet de maintenir l’artère ouverte et de rétablir la circulation sanguine. Selon Levinton, il est déjà sur la voie de la guérison :
« En peu de temps, j’étais déjà dans une pièce, eh bien, et je me remettais… pour être à la maison aujourd’hui. Et en un mois, j’étais déjà sur scène pour faire tous mes fantasmes. »
Joaquín Levinton, chanteur
L’histoire de Joaquín Levinton met en lumière un problème de santé publique majeur : les délais de consultation médicale en cas de douleurs thoraciques. En Argentine, les statistiques sont alarmantes. Une analyse de plus de 13 300 patients à Cordoue a révélé que le temps moyen entre l’apparition des symptômes et le premier contact avec un professionnel de la santé dépasse souvent les trois heures. Au niveau national, le registre ARGEN-IAM montre que 40 % des patients consultent seulement après trois heures, et un quart après six heures. Le registre RENASCA-AR fait état d’un délai moyen de 4,5 heures, avec 25 % des patients consultant après 13 heures et 10 % après 39 heures.
Ces retards sont particulièrement dangereux, car le temps est un facteur déterminant dans la survie et la limitation des séquelles d’un infarctus. Selon le cardiologue Walter Quiroga Castro, membre de la Fédération Argentine de Cardiologie (FAC),
« le temps est décisif pour la survie et dans la possibilité de ne pas subir de conséquences »
Walter Quiroga Castro, cardiologue, FAC
après un événement coronarien.
La FAC, ainsi que la Société de Cardiologie de Cordoue, ont lancé en 2021 la « Journée des douleurs thoraciques » (commémorée le 3 mai) afin de sensibiliser le public à l’importance de ne pas ignorer les symptômes. Il est crucial de comprendre que la douleur thoracique n’est pas toujours aussi spectaculaire que celle dépeinte dans les films – ce que certains spécialistes appellent « l’infarctus hollywoodien ». Elle peut se manifester par une pression, une sensation de poids au centre de la poitrine, souvent décrite comme « une empreinte d’éléphant », et irradier vers les bras, le dos, le cou ou la mâchoire.
D’autres symptômes peuvent accompagner la douleur thoracique, tels que des sueurs froides, des nausées, des palpitations, un essoufflement et une pâleur. Il est important de noter que la douleur peut également être localisée plus bas, au creux de l’estomac, ce qui peut entraîner une confusion avec des problèmes digestifs. Chez les femmes et les personnes âgées, les symptômes peuvent être encore plus subtils : légère douleur, inconfort diffus, fatigue inexpliquée.
Les statistiques montrent également un écart entre les sexes : les femmes ont tendance à consulter plus tard que les hommes, souvent parce que leurs symptômes sont moins typiques et peuvent être attribués à d’autres causes. Les spécialistes de Cœur et Femme de la Société Argentine de Cardiologie soulignent que chez les femmes, l’infarctus peut se manifester par un essoufflement, une fatigue marquée ou des douleurs thoraciques basses ou diffuses, des symptômes souvent minimisés ou mal interprétés.
Au-delà de la réactivité face aux symptômes, la prévention reste essentielle. Il est important d’identifier et de contrôler les facteurs de risque modifiables, tels que l’hypertension artérielle, le diabète, l’hypercholestérolémie, le tabagisme, le surpoids et l’obésité. Chez les femmes, il est également important de prendre en compte les facteurs de risque spécifiques, tels que les grossesses compliquées par l’hypertension ou le diabète gestationnel, ou encore la ménopause précoce.
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