Home DivertissementMartin Scorsese’s Rob Reiner Essay: ‘It Breaks My Heart’

Martin Scorsese’s Rob Reiner Essay: ‘It Breaks My Heart’

by Antoine Girard

Le monde du cinéma est en deuil après le tragique décès de Rob Reiner et de son épouse, Michele, retrouvés morts à leur domicile de Brentwood, en Californie, le 14 décembre. Leur fils de 32 ans, Nick Reiner, a été arrêté et inculpé pour deux chefs de meurtre.

Martin Scorsese, réalisateur de renom, a rendu hommage à Rob Reiner dans un poignant article publié par le New York Times. Il y exprime sa profonde tristesse face à cette perte, avouant qu’il lui faudra désormais parler de son ami au passé : « Rob Reiner était mon ami, et Michele aussi. À partir de maintenant, je devrai utiliser le passé, et cela me remplit d’une tristesse infinie. Mais il n’y a pas d’autre choix. »

Scorsese relate avoir fait la connaissance de Rob Reiner peu après son arrivée à Los Angeles au début des années 1970, lors de réunions organisées par George Memmoli, où se côtoyaient humoristes et acteurs. Il souligne leur origine commune : « Rob et moi étions tous les deux, d’une certaine manière, des transplantés de l’Est. » Reiner, fils des artistes Carl et Estelle Reiner, incarnait pour lui un humour typiquement new-yorkais, « l’air que je respirais ».

Scorsese décrit Reiner comme un homme naturellement attachant, doté d’un sens de l’humour à la fois hilarant et subtil, sans jamais chercher à dominer la conversation. Il évoque sa liberté d’esprit et son rire communicatif, rappelant un hommage rendu à Reiner au Lincoln Center où Michael McKean avait parodié avec brio les discours officiels solennels. « Rob a tellement ri qu’on l’entendait dans tout l’auditorium », se souvient Scorsese.

Parmi les films réalisés par Reiner, Scorsese affectionne particulièrement « Misery », qu’il qualifie de « film très spécial, magnifiquement interprété par Kathy Bates et James Caan ». Il loue également « This Is Spinal Tap », qu’il considère comme une œuvre unique en son genre, une « création impeccable ». Lors du casting de son film « The Wolf of Wall Street » (2013), il a immédiatement pensé à Rob Reiner pour incarner le père de Jordan Belfort, le personnage interprété par Leonardo DiCaprio.

Scorsese souligne le talent d’improvisation de Reiner, sa maîtrise de la comédie et sa capacité à travailler en harmonie avec les acteurs, notamment DiCaprio. Il analyse avec finesse sa performance dans « The Wolf of Wall Street », où il incarne un père aimant, fier du succès de son fils, mais conscient de son destin tragique. Il cite une scène particulièrement éloquente où Reiner, face à Jon Favreau expliquant à DiCaprio comment échapper aux poursuites de la SEC (Securities and Exchange Commission – la Commission des opérations de bourse des États-Unis), exprime son incompréhension face à l’avidité de son fils : « Tu as tout l’argent du monde. Tu as besoin de l’argent des autres ? » Scorsese se souvient avoir été touché par la « délicatesse et l’ouverture » de son jeu, et que même en post-production, la tendresse de sa performance l’avait profondément ému.

Scorsese conclut son hommage en qualifiant la mort de Rob et Michele Reiner d’« obscénité, un abîme dans la réalité vécue ». Il exprime l’espoir que le temps l’aidera à accepter cette perte, tout en avouant qu’il a besoin de les imaginer encore en vie, de les retrouver un jour lors d’un dîner ou d’une soirée, d’entendre à nouveau son rire et de profiter de sa présence amicale.

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