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Cat City (Macshafogó) Examen

by Antoine Girard

Publié le 25 décembre 2025 à 19h16. Ville de chat (1986), un film d’animation hongrois méconnu, est bien plus qu’une simple parodie de James Bond : c’est une satire mordante du régime communiste, déguisée en aventure palpitante pour enfants.

  • Le film met en scène une guerre entre les souris et les chats sur la planète X, 80 AMM (après Mickey Mouse).
  • L’agent Grabowski, un ancien espion, est rappelé du service pour récupérer des plans cruciaux.
  • Sous ses allures de divertissement familial, Ville de chat critique subtilement les mécanismes de pouvoir et la répression politique.

Dans l’univers déjanté de Ville de chat, on croise des chefs de la mafia félins, des espions louches, des combats navals spectaculaires, des cabarets animés et des braquages audacieux. Le décor est aussi varié que fantasque, allant de métropoles inspirées de San Diego à des jungles dignes de Kipling, en passant par des stations spatiales interplanétaires. Sans oublier les chauves-souris vampires, une menace inattendue dans ce monde animé.

Le film, véritable kaléidoscope de genres – polar criminel, parodie et allégorie historique – raconte l’histoire d’une société de souris sur la planète X, en l’an 80 AMM, menacée d’anéantissement par un puissant syndicat multinational de chats. Juste avant que les souris ne soient contraintes de quitter leur planète, un espoir renaît avec le retour de l’agent Grabowski. Retiré à la retraite, il est rappelé par les services de renseignement d’Intermouse pour une mission cruciale : récupérer des plans dans la ville de Pokio, qui pourraient empêcher la domination des chats.

Mais le chef des chats, M. Teufel, ne compte pas laisser faire. Il engage une bande d’anciens danseurs de ballet, un groupe improbable chargé d’arrêter Grabowski. La seule critique contemporaine du film, disponible en ligne, semble prendre l’intrigue au sérieux, le considérant comme une parodie de la saga James Bond. Pourtant, Grabowski, avec son T-shirt rouge et bleu orné d’un G jaune, évoque davantage Superman doté de la personnalité de Batman.

Ces références aux classiques de l’action ne sont qu’un aspect secondaire. L’essence du film réside dans sa satire acerbe du régime communiste, dans lequel il a été diffusé initialement. Le fait que Teufel soit allemand et rende compte à un président italien corpulant nommé Giovanni Gatto pourrait être perçu comme un simple déguisement, mais les codes soviétiques sont omniprésents. La relation entre Teufel et Gatto rappelle celle d’un chef d’État satellite envers une puissance centrale. Teufel se montre courtois envers ses supérieurs tout en terrorisant ses subordonnés. On observe également l’idée que les inventions coûteuses de ses techniciens, destinées à éliminer les souris, échouent systématiquement à la première utilisation, entraînant licenciements et disparitions arbitraires. Les punitions infligées à Safranek, son assistant malheureux, deviennent de plus en plus cruelles au fil de l’histoire, ajoutant une touche sombre à un film où la violence est omniprésente, mais jamais sanglante.

Contrairement à la force brute des chats et à leur obsession pour des expériences farfelues, les souris utilisent leur agilité et leur petite taille à leur avantage. Elles utilisent leur queue pour crocheter les serrures et comme hélices improvisées, et leurs dents pour creuser des tunnels. Il est difficile de ne pas voir dans ces souris courageuses une allégorie du peuple hongrois. Le réalisateur Béla Ternovszky semble avoir intégré tous les motifs occidentaux qu’il connaissait pour créer un film qui, derrière le rideau de fer, dénonce les travers du communisme.

L’absence d’explication claire quant à l’origine polonaise du nom de Grabowski pourrait être une manière de maintenir un héros d’Europe centrale. La musique originale de Tamás Deák contribue à l’atmosphère chaotique du film. Une scène particulièrement marquante montre un personnage sauvant sa vie en interprétant un solo de trompette de bossa nova, rejoint progressivement par les autres instruments de l’ensemble, évoquant une version jazz du Guide de l’orchestre pour les jeunes de Benjamin Britten.

Ce film mérite d’être redécouvert, ne serait-ce que pour cette scène musicale. Mais la clémence comique dont font preuve les souris victorieuses envers leurs ennemis félins fait de Ville de chat un choix idéal pour un visionnage en famille pendant les fêtes de Noël.

Affiche du film Cat City

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