Montpellier se prépare à accueillir une nouvelle production de Falstaff, le seul opéra-bouffe de Verdi, sous la direction du metteur en scène franco-allemand David Hermann. Après un début interrompu par la crise sanitaire, l’œuvre sera présentée à l’Opéra Orchestre National du 7 au 13 janvier.
- David Hermann, jeune metteur en scène primé, explore la liberté d’esprit de Falstaff et ses relations complexes avec les autres personnages.
- La reprise de cette production a nécessité des ajustements en raison du changement de distribution.
- Falstaff se distingue par son style unique, mêlant des passages très écrits à des moments plus proches du théâtre parlé.
Pour David Hermann, l’opéra est l’alliance parfaite entre ses deux passions : la musique et le théâtre. Sa vocation s’est affirmée dès l’enfance, d’abord par l’apprentissage du piano et de la musique de chambre, puis par des expériences théâtrales sur scène. Il explique :
« Enfant, je jouais du piano avec sérieux et faisais de la musique de chambre. J’aimais aussi aller à l’opéra, mais ce qui me passionnait le plus, c’était le théâtre. »
David Hermann, metteur en scène
Cette expérience musicale lui a été précieuse pour comprendre la dynamique sonore et la traduire visuellement sur scène.
La production de Falstaff à Montpellier a été initialement prévue pour mars 2020, mais la pandémie de Covid-19 a contraint l’équipe à interrompre les préparatifs. Si le concept général est resté inchangé, des ajustements ont été nécessaires, notamment en raison de la modification de la distribution. Chaque chanteur apportant sa propre interprétation, le metteur en scène a dû rééquilibrer certains aspects de la mise en scène.
Hermann voit en Falstaff un personnage d’une liberté d’esprit exceptionnelle, capable de rire de lui-même, une qualité rare parmi les autres protagonistes de l’œuvre. Il souligne l’opposition entre Falstaff et Ford, qui partagent une tessiture similaire mais incarnent des archétypes opposés. Les femmes, quant à elles, se jouent de Falstaff, Alice cherchant notamment à rompre la monotonie de son couple.
« Pour moi, Falstaff est un être d’une liberté d’esprit rare : brillant, plein d’humour, sûr de lui, capable de rire de lui-même — qualités que les autres hommes n’ont pas dans cette œuvre. »
David Hermann, metteur en scène
Une scène particulièrement marquante pour le metteur en scène est le monologue de Ford, après sa rencontre avec Falstaff, qu’il décrit comme un basculement dans l’obscurité. À Montpellier, il a choisi de rendre ce passage particulièrement expressif, créant un contraste saisissant avec le déguisement de Falstaff pour son rendez-vous galant.
« Le monologue de Ford, après sa rencontre avec Falstaff, me frappe toujours : il bascule dans une obscurité totale. »
David Hermann, metteur en scène
Hermann met en avant le caractère unique de Falstaff, seul opéra-bouffe de Verdi, qui se distingue par ses dialogues concis et son orchestration discrète dans les nombreux récitatifs. Cela offre aux chanteurs une grande liberté d’interprétation, leur permettant d’adopter un style plus théâtral. Il illustre cela avec l’exemple d’Alice et Meg, dont les répliques peuvent être prononcées de manière contrastée pour souligner leur rivalité.
Le metteur en scène partage une anecdote amusante survenue à Lucerne il y a vingt ans, où il a dû remplacer au pied levé le chanteur interprétant Cajus, tombé malade pendant le spectacle. Il a enfilé le costume de son prédécesseur et a joué le rôle sans prévenir le public, qui ne s’en serait apparemment pas rendu compte. Une expérience inattendue qu’il qualifie d'”apparition presque hitchcockienne”.
Falstaff de Verdi sera présenté à l’Opéra Orchestre National de Montpellier du 7 au 13 janvier. Pour plus d’informations et pour réserver vos places, consultez le site : informations et réservation.
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