La Corée du Sud et les États-Unis ont conclu un accord pour la construction conjointe de sous-marins à propulsion nucléaire, une initiative qui suscite l’inquiétude de Pyongyang et pourrait, selon cette dernière, déclencher une nouvelle course aux armements dans la région.
L’annonce, officialisée le 13 novembre, fait suite à des discussions entre le président sud-coréen Lee Jae Myung et le président américain Donald Trump lors de sommets tenus en août et en octobre. Washington a donné son accord pour que Séoul construise des sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire, et s’engage à collaborer étroitement avec la Corée du Sud pour assurer l’approvisionnement en combustible nécessaire à ces navires.
La réaction de la Corée du Nord n’a pas tardé. L’Agence centrale de presse coréenne (KCNA), organe de presse officiel du régime de Pyongyang, a dénoncé une attitude « hostile » de la part des États-Unis et de la Corée du Sud, révélant selon elle « les véritables couleurs de leur volonté conflictuelle » envers la République populaire démocratique de Corée (RPDC).
Un porte-parole nord-coréen a qualifié cette collaboration de « développement sérieux qui déstabilise la situation de sécurité militaire dans la région Asie-Pacifique », allant au-delà de la péninsule coréenne. Pyongyang accuse également Séoul de nourrir secrètement une « ambition de longue date de posséder des armes nucléaires », ce qui, selon KCNA, pourrait provoquer un « phénomène de domino nucléaire » et une « course aux armements brûlante ».
« Les États-Unis et la République de Corée ignorent ouvertement les préoccupations légitimes de sécurité de la RPDC et aggravent les tensions régionales », a déclaré l’article d’opinion publié par KCNA, ajoutant que Pyongyang « prendrait des contre-mesures plus justifiées et plus réalistes pour défendre la souveraineté et les intérêts de sécurité de l’État et la paix régionale ».
Séoul a tenté d’apaiser les tensions. Kang Yu-jung, porte-parole du bureau présidentiel sud-coréen, a affirmé le 18 novembre que le gouvernement n’avait « aucune intention hostile ou conflictuelle envers le Nord ». Elle a souligné que la coopération en matière de sécurité avec Washington visait à sauvegarder les intérêts nationaux et la défense du pays.
L’accord sur les sous-marins à propulsion nucléaire a été conclu lors du deuxième sommet entre Lee Jae Myung et Donald Trump, le 29 octobre à Gyeongju, en Corée du Sud. Le président Lee avait alors déclaré que ces sous-marins permettraient à la Corée du Sud de « suivre les sous-marins chinois et nord-coréens » et d’assister les États-Unis dans la région.
Le constructeur naval sud-coréen Hanwha Ocean a acquis le chantier naval de Philadelphie en 2024 et a annoncé un investissement de 5 milliards de dollars (environ 4,6 milliards d’euros) pour moderniser ses infrastructures et augmenter sa capacité de production. Cette annonce a été faite lors de la visite du président Lee au chantier naval, après son premier sommet avec Trump à Washington.
Selon Bruce Klingner, chercheur principal à la Mansfield Foundation, les sous-marins à propulsion nucléaire sud-coréens seraient davantage destinés à surveiller la Chine qu’à contrer une menace directe de la Corée du Nord. « La Corée du Sud n’a pas besoin de sous-marins à propulsion nucléaire contre la force navale ou sous-marine de la Corée du Nord. L’avantage de ces sous-marins réside dans leurs missions à longue portée, loin de la péninsule coréenne », a-t-il expliqué.