Publié le 27 décembre 2025 à 20h27 (heure de La Mecque). La série égyptienne « Med Term » tente de sonder les préoccupations de la jeunesse, mais son approche, bien qu’ambitieuse, souffre d’un manque de nuance et d’une simplification excessive des problématiques abordées.
La série dramatique « Med Term », diffusée simultanément à la télévision et en ligne, se penche sur le quotidien d’un groupe d’étudiants universitaires, explorant les tensions entre les exigences académiques et les relations sociales. Scénarisée par Muhammad Sadiq et réalisée par Maryam Al-Bagouri, la série met en scène de jeunes acteurs prometteurs tels que Yasmina Al-Abd, Jala Hisham, Youssef Raafat, Ziad Zaza, Omnia Bahi et Donia Wael, rejoints par plusieurs invités.
L’intrigue de « Med Term » débute avec un groupe d’étudiants réunis autour d’une expérience atypique, orchestrée par un psychiatre se présentant sous le pseudonyme de « Dr Freud ». Ce dernier propose des séances de thérapie de groupe, baptisées « Safe Space » (espace sécurisé), où les participants sont encouragés à exprimer leurs peurs et leurs difficultés psychologiques en toute anonymat, via internet. Cependant, l’étudiante Naomi (Jala Hisham) révèle l’identité de l’une des participantes, Tia (Yasmina Al-Abd), transformant l’espace thérapeutique en un jeu de découverte des identités.
La série explore les dynamiques relationnelles qui se tissent entre Naomi et Tia, une amitié née de la contradiction de leurs personnalités, mais nourrie par un besoin commun de compréhension et de soutien. « Med Term » met en lumière l’idée que de nombreuses crises psychologiques et comportementales rencontrées par les jeunes héros – considérés comme représentatifs de la jeunesse égyptienne actuelle – trouvent leur origine dans des difficultés familiales et un manque de communication avec leurs parents.
Si la série souligne l’importance de l’écoute des jeunes, elle tend à réduire les problèmes à une seule cause : le dysfonctionnement familial. Cette simplification peut sembler réductrice, car les difficultés des étudiants ne se limitent pas à leurs relations avec leurs parents, mais incluent également des pressions académiques, des questionnements existentiels, des conflits identitaires et des expériences émotionnelles et sociales complexes.
Le choix du pseudonyme « Dr Freud » pour le psychiatre apparaît comme une référence superficielle, manquant de profondeur. De plus, la représentation du personnage du médecin, caché derrière une identité virtuelle, soulève des questions d’éthique et de crédibilité, car la psychothérapie repose sur la transparence, la confiance et une présence réelle.
L’idée de « Safe Space » est également présentée de manière simpliste, loin des complexités d’une véritable thérapie de groupe. L’ambiance, avec des participants anonymes et des voix indistinctes, évoque davantage une organisation secrète qu’un espace de traitement psychologique. Enfin, la série a tendance à recourir à un discours directif, expliquant explicitement la morale de l’histoire au lieu de laisser le spectateur tirer ses propres conclusions, une approche qui risque d’aliéner une génération qui rejette l’endoctrinement.
Les personnages de « Med Term » manquent de complexité et sont souvent réduits à une seule caractéristique. Fatia est définie par la séparation de ses parents et la possessivité de sa mère, tandis que Naomi est présentée comme hostile envers sa mère sans justification suffisante. Adham (Youssef Raafat) est confronté à la tyrannie paternelle qui a conduit son frère à la dépendance. Cette simplification excessive empêche les personnages de prendre vie et les transforme en symboles plutôt qu’en individus crédibles. Le jeu des acteurs, notamment celui de Yasmina Al-Abd, semble également affecté par la faiblesse de l’écriture.
En conclusion, « Med Term » témoigne d’une volonté louable d’aborder les préoccupations de la jeunesse égyptienne, mais elle pêche par son manque de nuance et sa simplification excessive. L’écart entre l’ambition de l’idée et sa réalisation laisse un sentiment de frustration, avec des personnages peu développés et un discours pédagogique qui privilégie l’explication à la contemplation.
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