Publié le 27 décembre 2025 20h00. Contre toute attente, le Mexique tire profit des tarifs douaniers imposés par l’administration Trump, devenant un acteur économique majeur pour les États-Unis et relançant son propre développement.
- Les exportations mexicaines vers les États-Unis ont augmenté de près de 9 % entre janvier et novembre 2025.
- Le Mexique attire de plus en plus d’investissements manufacturiers grâce à sa proximité géographique, ses coûts de production compétitifs et le maintien de l’accord ACEUM.
- Les échanges commerciaux entre les États-Unis et le Mexique devraient atteindre 900 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2025.
Alors que les économistes prévoyaient un impact dévastateur des droits de douane américains sur l’économie mexicaine, le scénario s’avère bien différent. Le Wall Street Journal révèle que le Mexique est devenu un bénéficiaire inattendu de la politique commerciale de Donald Trump, profitant d’un avantage comparatif face à d’autres partenaires commerciaux des États-Unis, notamment la Chine.
Les tarifs douaniers imposés par la seconde administration Trump sont, en effet, plus faibles pour le Mexique que pour la plupart des autres pays commerçant avec les États-Unis. Cette disparité permet aux entreprises américaines de compenser en partie le coût plus élevé des produits chinois, soumis à des droits de douane plus importants. Le Mexique, grâce à sa proximité et à ses coûts de production avantageux, se positionne comme une alternative attractive pour les entreprises cherchant à relocaliser ou à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement.
L’entreprise Nearshore Co., spécialisée dans l’implantation de fabricants étrangers au Mexique, illustre cette tendance. Jorge González Henrichsen, co-directeur exécutif de l’entreprise, a déclaré le 2 avril que les projets de fabrication initialement suspendus en raison des droits de douane ont été réactivés.
« Nos clients ont constaté que le Mexique était mieux placé que de nombreux autres partenaires commerciaux des États-Unis, y compris les fabricants concurrents en Asie. »
Jorge González Henrichsen, co-directeur exécutif de Nearshore Co.
Malgré les droits de douane persistants sur certains produits, comme les automobiles (une baisse de 6 % des exportations), l’acier et l’aluminium, les échanges commerciaux entre les États-Unis et le Mexique devraient atteindre 900 milliards de dollars en 2025. La Banque du Mexique prévoit une croissance économique de 0,3 % pour le pays, une estimation, bien que “anémique”, supérieure aux prévisions initiales de contraction de 1 %.
Le Mexique a également su préserver l’accord ACEUM (Accord Canada-États-Unis-Mexique), malgré les tensions commerciales. 85 % des exportations mexicaines restent exemptées de droits de douane dans le cadre de cet accord. De plus, le dialogue entre la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum Pardo et Donald Trump, ainsi que le renforcement de la lutte contre la drogue à la frontière et l’imposition de droits de douane sur les produits chinois (jusqu’à 50 % pour certains biens), ont contribué à dissuader les États-Unis d’imposer des tarifs douaniers encore plus sévères.
Il est important de noter que le Mexique reste confronté à des droits de douane significatifs, notamment 25 % sur le contenu non américain des automobiles et jusqu’à 50 % sur les exportations d’aluminium et d’acier. Cependant, son taux de droits de douane effectif (4,7 %) reste bien inférieur à celui de la Chine (37,1 %), et inférieur à la moyenne mondiale (environ 10 %).
Selon Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, le Mexique a absorbé 25 % de la réduction du déficit commercial des États-Unis avec la Chine, soulignant son rôle crucial dans la résilience de la chaîne d’approvisionnement américaine. En 2023, le Mexique a même dépassé la Chine en tant que principal fournisseur de produits étrangers des États-Unis et est devenu son plus gros acheteur.
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