Hollywood est en crise. Entre la fin des grèves de scénaristes et d’acteurs, une fuite des productions vers d’autres États, et une montée de l’insécurité, l’industrie du divertissement californienne semble au bord du gouffre, tandis que les élites politiques locales sont pointées du doigt.
Une enquête récente du Wall Street Journal dresse un tableau alarmant de la situation économique à Los Angeles, qualifiant la situation de « film catastrophe ». L’activité s’effondre, des entreprises ferment leurs portes, et la classe moyenne créative, pilier de l’industrie, lutte pour sa survie.
Parallèlement, un article publié par le magazine Compact, intitulé « La Génération Perdue », explore les conséquences des politiques de diversité et d’inclusion (DEI) sur l’emploi. L’auteur, Jacob Savage, suggère que ces politiques ont involontairement exclu des talents masculins blancs de l’industrie.
Le point de départ de cette évolution remonte à 2014, lorsque les nominations aux Oscars furent exclusivement composées de personnes blanches, déclenchant la polémique #OscarsSoWhite. Suite à cette controverse, l’Académie des Oscars et les studios se sont engagés à une réforme. En 2015, Matt (nom non divulgué), un scénariste, se disait incapable de trouver un emploi : « J’ai tout essayé, mais rien n’y faisait. C’était immédiat… J’ai d’abord pensé que le problème venait de moi », a-t-il confié.
Mais il s’agissait d’un phénomène plus large. Le mouvement #OscarsSoWhite s’est conjugué avec le mouvement #MeToo, intensifiant les exigences en matière de représentation et de diversité. Des témoignages, comme ceux de la comédienne Tyler Fischer et de l’écrivain James Patterson, ont révélé des pratiques discriminatoires.
Certains observateurs estiment que cette période marque la fin de l’âge d’or des séries télévisées. Coïncidence ? Quoi qu’il en soit, les progressistes hollywoodiens ont obtenu ce qu’ils réclamaient : des politiques de DEI, des dirigeants démocrates et une législation plus clémente envers la criminalité, ainsi que des frontières plus ouvertes.
Au niveau local, la gestion des crises par les autorités démocrates est également critiquée. Lors des incendies de Palisades plus tôt cette année, la maire de Los Angeles, Karen Bass, était à l’étranger. Un an après la catastrophe, la promesse d’une reconstruction rapide n’a pas été tenue.
Adam Carolla, podcasteur et Californien de longue date, dénonce la lourdeur administrative qui entrave la reconstruction. Hollywood, quant à lui, semble éviter de critiquer ouvertement la maire Bass et le gouverneur de Californie, Gavin Newsom.
Le gouverneur Newsom a certes augmenté les incitations fiscales pour les productions cinématographiques, mais cela pourrait être trop tard. Sous son mandat, Los Angeles a connu une augmentation de la criminalité et du nombre de sans-abri, tandis que de nombreux habitants ont quitté l’État. Le réalisateur John Stalberg, Jr. a d’ailleurs choisi de tourner la suite de son film, se déroulant à Los Angeles, ailleurs, expliquant les raisons de son départ lors d’un podcast.
Malgré ces difficultés, les élites hollywoodiennes semblent prêtes à soutenir la candidature de Newsom à la Maison Blanche en 2028. James Costos, ancien ambassadeur des États-Unis en Espagne et ancien cadre chez HBO, a déclaré que Newsom bénéficiait d’un « fort enthousiasme » de la part des donateurs de Los Angeles : « Les chèques importants affluent. Il y a eu un regain de dynamisme, avec des événements, des victoires juridiques et l’effet Jimmy Kimmel, et une volonté de riposter face aux excès de l’administration », a-t-il affirmé à Deadline.
Paradoxalement, Hollywood a également attaqué un allié inattendu : le président Donald Trump, qui a soutenu le cinéma américain, mais qui est constamment critiqué par l’industrie et les artistes qui lui sont liés.
Outre ces problèmes internes, l’industrie du divertissement est confrontée à de nouvelles menaces, notamment l’essor de l’intelligence artificielle, qui pourrait perturber des secteurs clés tels que les effets spéciaux, le doublage et l’animation. L’augmentation de la popularité des plateformes YouTube, des jeux vidéo avancés et des réseaux sociaux modifie également les habitudes de consommation des loisirs.
Cependant, ces évolutions ne peuvent être imputées aux choix idéologiques d’Hollywood. L’industrie a privilégié une pensée unique, soutenant les dirigeants et les politiques démocrates tout en sanctionnant ceux qui osent exprimer des opinions divergentes. Et les conséquences de ces choix sont désormais bien visibles, laissant présager un avenir sombre pour l’industrie du divertissement californienne.