Une politique monétaire plus souple de la Réserve fédérale américaine pourrait paradoxalement entraîner une hausse des taux d’intérêt à long terme et des taux hypothécaires dès 2026, selon des analyses récentes. Ce phénomène, connu sous le nom de « pentification baissière », pourrait peser sur les marchés financiers et la croissance économique.
Les taux d’intérêt à court terme, directement influencés par les décisions de la Fed, sont effectivement en baisse depuis fin 2024, et d’autres assouplissements sont attendus. Cependant, les taux à long terme, comme ceux à 10 ans, sont davantage déterminés par les perspectives de croissance économique et les anticipations d’inflation. Une baisse excessive des taux directeurs, jugée prématurée par les marchés, pourrait alimenter les craintes inflationnistes et, par conséquent, pousser les rendements obligataires à la hausse.
Donald Trump, l’ancien président américain, devrait nommer un nouveau président à la Réserve fédérale au cours du deuxième trimestre de 2026. Il a d’ores et déjà exprimé son souhait de voir les taux d’intérêt baisser : « J’annoncerai bientôt notre prochain président de la Réserve fédérale, quelqu’un qui croit beaucoup à la baisse des taux d’intérêt, et aux remboursements hypothécaires qui diminueront encore davantage », a-t-il déclaré en décembre dernier.
Les analystes mettent en garde contre ce scénario. Si la Fed abaissait les taux en deçà d’un niveau considéré comme « neutre » alors que l’inflation reste supérieure à son objectif, cela pourrait inciter les investisseurs à anticiper une hausse future de l’inflation, ce qui se traduirait par une augmentation des rendements obligataires à long terme. Ce phénomène de « pentification baissière » se caractérise par une baisse ou une stagnation des taux courts, combinée à une hausse des taux longs.
Sur le plan technique, l’analyse du rendement du Trésor américain révèle une formation de triangle symétrique au cours des 2,5 dernières années. Une cassure à la hausse au-delà de 4,6 % pourrait signaler une remontée des rendements vers des niveaux supérieurs à 5 %, atteints pour la dernière fois il y a plus de 18 ans. Une telle évolution pourrait ébranler la confiance des marchés et avoir des conséquences négatives sur les indices boursiers américains, en particulier ceux liés à l’immobilier, ainsi que sur la valeur du dollar américain.
Bien que ces projections soient sujettes à évolution, les investisseurs sont invités à surveiller attentivement le marché obligataire américain en 2026, car il constitue un indicateur clé du taux sans risque et peut influencer l’ensemble des placements financiers.