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L’ancienne alternative au café sans caféine de Turquie

by Antoine Girard

Publié le 2024-02-29 10:30:00. Des vestiges de pistaches sauvages découverts sur le site néolithique de Göbekli Tepe, en Turquie, suggèrent que la consommation du menengiç – une pâte à base de pistaches – pourrait remonter à plus de 12 000 ans, révélant ainsi des pratiques culinaires ancestrales.

  • Des archéologues ont mis au jour des milliers de meules à Göbekli Tepe, témoignant d’une activité intense de transformation de pistaches sauvages en pâte.
  • Le menengiç, aujourd’hui encore consommé dans la région de Gaziantep, était autrefois utilisé comme épice et ingrédient de base dans diverses préparations culinaires.
  • Les découvertes suggèrent que le paysage autour de Göbekli Tepe était autrefois plus verdoyant, favorisant la croissance des pistachiers et des amandiers sauvages.

Göbekli Tepe, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO situé à deux heures à l’est de Gaziantep, en Turquie, continue de livrer ses secrets. Les récentes découvertes archéobotaniques apportent un nouvel éclairage sur les habitudes alimentaires des populations néolithiques qui ont bâti ce complexe mégalithique il y a près de 12 000 ans. Des chercheurs ont en effet identifié des restes de pistaches sauvages au milieu des structures monumentales du site, ornées d’œuvres d’art.

Aujourd’hui, le paysage environnant est aride et peu boisé. Cependant, les scientifiques estiment que, durant le Néolithique, la région bénéficiait d’un climat plus tempéré, propice à l’épanouissement de forêts où les chasseurs-cueilleurs pouvaient récolter les fruits des pistachiers et des amandiers sauvages. La facilité avec laquelle cette ressource était accessible est illustrée par la méthode de récolte encore pratiquée aujourd’hui par les habitants locaux.

« Nous déroulons simplement un rideau sous l’arbre et nous le secouons jusqu’à ce que le menengiç tombe au sol »,

Zor, habitant local

Les archéologues ont mis au jour à Göbekli Tepe des milliers de meules – la plus grande collection de ce type pour la Mésopotamie néolithique – ce qui laisse supposer que les pistaches sauvages étaient broyées pour produire une pâte similaire au menengiç, encore vendu sur les marchés de Gaziantep. Des études confirment cette hypothèse.

Au-delà de la simple consommation brute, le menengiç était également utilisé de manière créative dans la cuisine traditionnelle du sud-est de la Turquie. Au Tahmis Kahvesi, un café traditionnel, il est d’usage de servir avec un petit assortiment de biscuits, dont le biscuit nostalgie, un mélange croquant de menengiç rôti, de pois chiches et de graines de chanvre, souvent proposé aux enfants comme collation saine. Autrefois, les cuisiniers locaux l’intégraient dans les pains et pâtisseries, l’utilisaient pour parfumer le pilaf, en extraient de l’huile ou le mélangeaient à de la mélasse de raisin et de la farine de blé pour confectionner une confiserie dense et collante. Des recherches menées par Abdullah Badem, chercheur à l’université Karamanoğlu Mehmetbey, soulignent que ces recettes ancestrales sont aujourd’hui en voie de disparition, comme il l’écrit dans un article publié en 2021.

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