Publié le 30 décembre 2025 à 16h44. La situation des petits commerçants et entrepreneurs en Corée du Sud est de plus en plus préoccupante, avec une augmentation des dettes et des fermetures, exacerbée par la crise économique et les difficultés rencontrées par les jeunes générations.
- Le taux de défaut de paiement des prêts aux travailleurs indépendants a atteint un niveau record en 2024.
- Le nombre de fermetures d’entreprises a considérablement augmenté, notamment dans la ville de Daegu.
- La dette des jeunes entrepreneurs est en forte augmentation, rendant leur situation particulièrement fragile.
La conjoncture économique actuelle pèse lourdement sur les épaules des petits commerçants et des travailleurs indépendants en Corée du Sud. Alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter, les revenus réels des salariés et des entrepreneurs stagnent, voire diminuent. Cette situation est d’autant plus alarmante que de nombreux individus, notamment des retraités et des jeunes, se sont lancés dans l’entrepreneuriat en investissant toutes leurs économies, voire en s’endettant, pour créer leur propre entreprise.
Selon les statistiques récemment publiées par l’Agence nationale des données, le taux de défaut de paiement des prêts accordés aux travailleurs indépendants a atteint un sommet historique en 2024. Cette augmentation est due à la hausse des taux d’intérêt et à la difficulté croissante pour de nombreux entrepreneurs de rembourser leurs dettes. Au niveau national, le nombre de travailleurs indépendants en difficulté financière a quadruplé depuis le début de la pandémie de coronavirus. À Daegu, plus de 4 000 petits commerçants ont cessé leur activité au cours du seul mois d’octobre dernier, témoignant de la sévérité de la crise.
La situation est particulièrement inquiétante pour les jeunes entrepreneurs, dont le niveau d’endettement est en forte augmentation. À la fin du deuxième trimestre de 2024, le montant moyen des prêts par travailleur indépendant à Daegu atteignait 380 millions de wons (environ 260 000 euros). Le taux de survie des entreprises est également préoccupant : selon le portail national des statistiques fiscales, seulement 52,3 % des entreprises créées en 2024 étaient encore en activité trois ans plus tard. Le taux de survie à un an était de 77,0 % en 2024, ce qui suggère que les difficultés s’intensifient avec le temps.
Les conséquences de cette crise se font sentir au quotidien. Dans les centres-villes, de nombreux bâtiments affichent des panneaux « demande de location », et les rues sont jonchées de commerces et de restaurants fermés. La baisse de la fréquentation des consommateurs, combinée à l’augmentation des coûts de la main-d’œuvre, des matières premières et des frais de livraison, met les petits commerçants dans une situation intenable. L’incertitude politique de fin d’année dernière, avec les tensions liées à la question de la loi martiale, n’a fait qu’aggraver le climat de pessimisme ambiant.
Il est facile d’oublier l’importance des petits commerces de proximité, qui ne se limitent pas à la vente de produits. Les supermarchés de quartier, les boulangeries et les restaurants jouent un rôle essentiel dans la vie locale, en créant du lien social et en offrant des services de proximité. Si ces commerces venaient à disparaître, nous prendrions conscience de leur rôle crucial dans notre quotidien.
Dans un pays où la solidarité et l’entraide ont toujours été des valeurs fortes, il est impératif de soutenir les travailleurs indépendants face aux difficultés qu’ils rencontrent. Pour survivre à la concurrence des grandes surfaces, ils ont besoin de l’aide du gouvernement, des collectivités locales et, surtout, de la bienveillance des consommateurs. La multiplication des commerces vides dans nos rues est un signe alarmant pour l’avenir de nos villes et de nos communautés.
/Sim Chung-taek, rédacteur politique et éditorialiste