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Ce que nous savons maintenant sur le crash du Boeing 737 de Jeju Air

by Clara Dubois

Publié le 30 décembre 2025 à 12h15. Un an après le crash d’un Boeing 737 de Jeju Air à l’aéroport de Muan en Corée du Sud, qui a fait 179 morts, les familles des victimes expriment leur frustration face au manque d’avancées de l’enquête et réclament une transparence totale.

  • L’enquête sur le crash du vol 2216 de Jeju Air, survenu le 29 décembre 2024, est toujours en cours, un an après la tragédie.
  • Les familles des victimes dénoncent le manque de communication des enquêteurs et craignent que la vérité sur les causes de l’accident ne soit dissimulée.
  • Des anomalies dans la construction de l’aéroport de Muan, notamment la présence d’un remblai en béton non conforme aux normes de sécurité, ont été mises en lumière.

Un an s’est écoulé depuis le crash du vol 2216 de Jeju Air à l’aéroport international de Muan (MWX), une catastrophe qui a coûté la vie à 179 personnes. Seuls deux passagers ont survécu à l’impact, qui a transformé le Boeing 737 en une boule de feu. Malgré l’urgence de la situation, le rapport d’enquête complet n’a toujours pas été publié, suscitant l’indignation et le désespoir des familles des victimes.

De nombreux proches des passagers décédés ont exprimé leur profonde frustration face à la lenteur de l’enquête. L’équipage de conduite avait signalé une urgence en raison d’un impact avec un oiseau lors de l’approche de la piste. Les premières conclusions suggéraient que les pilotes auraient pu couper le mauvais moteur pendant la procédure d’urgence, une hypothèse rejetée par les familles et le syndicat des pilotes.

L’état des enquêtes

Jeju Air Boeing 737-800 atterrissant à l'aéroport de Fukuoka (FUK). Crédit : Shutterstock

Les réglementations internationales en matière de sécurité aérienne prévoient que les enquêtes sur des accidents comme celui du vol Jeju Air 2216 soient menées à bien dans un délai d’un an par les agences aéronautiques compétentes. Selon le journal Asahi Shimbun, deux responsables de la commission d’enquête, souhaitant rester anonymes, ont confirmé que le rapport n’avait pas encore été rendu public et n’ont pas précisé de date de publication.

Le ministère des Transports a exprimé sa compréhension aux familles des victimes, assurant qu’il s’efforçait de finaliser le rapport d’accident et de le rendre public afin de permettre aux familles de tourner la page. Le Parlement sud-coréen a également annoncé la mise en place d’une enquête indépendante pour accélérer la publication des conclusions.

L’accident d’avion le plus meurtrier en Corée du Sud

Un avion Boeing 737-800 de Jeju Air (immatriculation HL8063). Crédit : Shutterstock

Les données d’accidents aériens disponibles sur le Réseau de sécurité aérienne indiquent que le contrôle aérien avait informé l’équipage de la présence d’oiseaux à proximité de la piste. Cependant, les enregistrements des boîtes noires (enregistreur de données de vol et enregistreur de voix du cockpit) se terminent quelques secondes seulement avant que les pilotes n’émettent un appel de détresse. L’avion avait reçu l’autorisation d’atterrir malgré l’avertissement concernant les oiseaux.

Il est également établi que le vol 2216 a croisé un vol d’oiseaux lors d’une remise de gaz précédant la deuxième tentative d’atterrissage qui a abouti à l’accident. Ces enregistrements incomplets, combinés à l’enquête en cours, alimentent la frustration du public et des familles des victimes, qui craignent une tentative de dissimulation de négligences ou d’erreurs ayant contribué à la catastrophe.

Au moment de l’impact, l’avion a heurté le sol avec son train d’atterrissage rétracté, a glissé sur une piste de 2 500 mètres de long et a percuté un remblai en béton situé au bout de la piste. Si la queue de l’appareil est restée relativement intacte, le reste de l’avion a été détruit dans une violente explosion.

Boeing 737-800 de Jeju Air
Rapport intermédiaire de Jeju Air : les pilotes ont coupé le mauvais moteur après un impact d’oiseau

Le rapport a suscité une vive réaction de la part des familles des victimes et du syndicat des pilotes de Jeju Air.

Quelles leçons ont été tirées ?

Avion Jeju Air Boeing 737-800, immatriculé HL8032. Crédit : Shutterstock

Une commission parlementaire anticorruption sud-coréenne a révélé la semaine dernière que le remblai en béton sur lequel le vol 2216 a heurté le sol n’avait pas été construit conformément aux normes internationales. Sa résistance aurait dû être inférieure pour permettre à l’appareil de le franchir plutôt que d’être détruit par l’impact. Ce remblai a été retiré quelques jours seulement après l’accident. De nombreux observateurs ont émis l’hypothèse que ce défaut de construction pourrait expliquer le nombre élevé de victimes.

Le ministère des Transports a identifié au moins sept autres aéroports nécessitant des modifications similaires de leur infrastructure. L’ancien directeur de Korea Airports Corporation, une entreprise publique, a été retrouvé mort par suicide après le crash du vol 2216. La construction du remblai en béton avait été réalisée lors de travaux de rénovation menés par l’entreprise, dont le fils était impliqué. Malgré la tragédie du vol 2216, la sécurité aérienne sud-coréenne s’est progressivement améliorée depuis les années 1970, une époque marquée par un nombre élevé d’accidents aériens.

Parmi les aéroports concernés figure l’île de Jeju, destination touristique prisée en Corée du Sud. Les autorités ont également annoncé l’extension de la zone de sécurité de dépassement à l’aéroport de Muan. Cependant, tant que le rapport d’enquête complet ne sera pas publié, il reste incertain si des mesures auraient pu être prises pour éviter la perte de vies humaines lors du crash du vol 2216 le 29 décembre 2024.

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