Publié le 30 décembre 2023. Lors d’une audience au Vatican, le pape François a exhorté les maires italiens à accorder une attention particulière aux populations les plus vulnérables et à promouvoir la cohésion sociale face à des défis croissants tels que la crise démographique et la solitude.
- Le pape a souligné l’urgence de répondre aux besoins des familles, des jeunes et des personnes âgées, ainsi qu’à la détresse des plus pauvres.
- Il a mis en garde contre les dangers du jeu, pointant son impact destructeur sur les familles et la société.
- Le pontife a appelé à une politique axée sur la promotion de la paix sociale et à un engagement personnel des élus locaux pour le bien commun.
Le pape François a reçu, le 29 décembre, une délégation de l’Association nationale des communes italiennes (ANCI), une organisation qui représente les municipalités italiennes depuis plus d’un siècle. Au cours de cette rencontre, il a dressé un tableau préoccupant des difficultés rencontrées par les villes italiennes, allant de la baisse de la natalité à l’isolement social, en passant par la pollution et les conflits.
Le pontife a insisté sur la nécessité d’une approche politique centrée sur l’humain. Il a appelé les maires à « se concentrer sur les besoins des familles et des personnes, en accordant une attention particulière aux plus vulnérables ». Il a également souligné que la politique devait « promouvoir la paix sociale » et que les maires devaient incarner « des exemples d’efforts dévoués pour le bien public ».
Un sujet particulier a particulièrement préoccupé le pape : le jeu. Il a dénoncé « les méfaits du jeu, qui détruisent de nombreuses familles », s’appuyant sur des statistiques récentes qui montrent une augmentation significative des problèmes liés à cette addiction en Italie. Il a également fait référence à un rapport de Caritas Italie qui souligne les conséquences néfastes du jeu sur l’éducation, la santé mentale et la confiance sociale.
Au-delà du jeu, le pape a évoqué d’autres formes de solitude et de souffrance qui touchent de nombreuses personnes, notamment la mélancolie, la pauvreté et l’abandon. Il a insisté sur le fait que les signes de détresse sont omniprésents et que les gens ont un besoin urgent d’espoir.
Pour illustrer l’importance de la dignité humaine, le pape a fait référence à l’épisode biblique du massacre des enfants ordonné par Hérode, dénonçant une « puissance inhumaine qui ne comprend pas la beauté de l’amour parce qu’elle ignore la dignité humaine ». Il a également réfléchi au mystère de Noël, soulignant que la naissance du Christ « révèle le vrai visage de tout pouvoir » et que celui-ci doit être envisagé comme « avant tout responsabilité et service ».
Le pape a cité en exemple le Vénérable Giorgio La Pira, ancien maire de Florence, dont les paroles résonnent encore aujourd’hui :
« Si quelqu’un souffre, j’ai une responsabilité claire : intervenir de toutes les manières possibles, utiliser les moyens recommandés par l’amour et prévus par la loi, pour soulager ou atténuer cette souffrance. »
Giorgio La Pira, Vénérable et ancien maire de Florence
Le pontife a souligné que « la cohésion sociale et l’harmonie civile nécessitent avant tout l’écoute des plus faibles et des pauvres ».
En conclusion, le pape François a exhorté les représentants de l’ANCI à faire preuve de courage pour « donner de l’espoir aux gens et de planifier ensemble le meilleur avenir pour leur territoire, dans la logique de promouvoir le développement global de l’humanité ».