Home MondeL’Europe gagne, la Chine divise et l’Amérique est moins appréciée qu’avant

L’Europe gagne, la Chine divise et l’Amérique est moins appréciée qu’avant

by Clara Dubois

L’Europe redevient la destination privilégiée des gestionnaires de fonds, détrônant les États-Unis. Cette préférence s’explique par des valorisations jugées plus attractives et des perspectives de croissance économique revues à la hausse, notamment en Allemagne et en Italie.

Après une année où les États-Unis étaient en tête des choix, l’Europe a repris sa place de favori auprès des sociétés d’investissement. Si les valorisations américaines, particulièrement dans la technologie et les grandes capitalisations, sont considérées comme élevées, elles restent néanmoins incontournables pour de nombreux portefeuilles. Les marchés asiatiques, et plus particulièrement la Corée du Sud, sont également scrutés pour le long terme, profitant d’un cycle technologique favorable et d’une amélioration économique.

L’attrait pour les marchés émergents, tels que l’Inde et le Brésil, est également en hausse, soutenu par une économie solide, une inflation maîtrisée et des valorisations intéressantes. À l’inverse, le Royaume-Uni suscite un scepticisme généralisé.

Plusieurs gestionnaires de fonds justifient ce retour vers l’Europe par le fait qu’une grande partie du pessimisme actuel est déjà intégrée dans les prix.
« Nous avons progressivement rééquilibré les portefeuilles vers l’Europe, estimant qu’une grande partie du pessimisme actuel est déjà incorporée dans les valorisations », expliquent les équipes de Tikehau. L’Europe est confrontée à des défis en matière de compétitivité, de fragmentation du marché et d’instabilité politique, mais l’année prochaine devrait marquer le début d’une nouvelle phase de croissance économique et d’amélioration des bénéfices, grâce notamment à la relance budgétaire allemande.

Par ailleurs, dans un contexte de baisse de l’inflation, la politique monétaire européenne est moins contrainte qu’aux États-Unis.
« Aux niveaux actuels, l’Europe est plus fortement décotée par rapport aux États-Unis qu’à tout autre moment de l’histoire, ce qui en fait le moment opportun pour rééquilibrer les allocations en faveur du Vieux Continent », ajoutent-ils.

Algebris confirme cette tendance : « Pour les actions, la préférence va à l’Europe, avec un accent particulier sur l’Italie ». La société maintient toutefois une position plus prudente concernant le Royaume-Uni. L’Italie est particulièrement appréciée pour les prix attractifs des petites et moyennes capitalisations et pour ses valorisations fondamentales, malgré une croissance modeste du PIB.

L’Allemagne, longtemps considérée comme la locomotive de l’Europe, revient également au centre de l’attention. Les gestionnaires de fonds anticipent une performance positive grâce au plan de dépenses budgétaires de 500 milliards d’euros et à l’augmentation des dépenses de défense au sein de l’OTAN, qui devraient stimuler les secteurs industriel, infrastructurel et climatique.

À retenir

  • L’Europe redevient la destination privilégiée des gestionnaires de fonds.
  • Les valorisations américaines sont jugées élevées, notamment dans la technologie.
  • L’Allemagne et l’Italie sont particulièrement mises en avant pour leur potentiel de croissance.

Contexte

Après une période de domination américaine, les investisseurs semblent privilégier un retour vers l’Europe, en raison d’un meilleur rapport risque/rendement et de perspectives économiques plus favorables. Cette évolution intervient dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale et d’incertitudes géopolitiques.

Ce qui change

Ce rééquilibrage des portefeuilles pourrait entraîner une augmentation des investissements en Europe, stimulant ainsi la croissance économique et l’emploi. Les entreprises européennes, en particulier celles des secteurs industriel, infrastructurel et climatique, pourraient bénéficier de cette nouvelle dynamique.

Prochaines étapes

Il sera important de suivre l’évolution de la politique monétaire en Europe et aux États-Unis, ainsi que les données économiques concernant la croissance du PIB, l’inflation et les bénéfices des entreprises. Les résultats des plans de relance budgétaire en Allemagne seront également déterminants.

Chiffres clés

  • Plan de relance budgétaire allemand : 500 milliards d’euros

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