Publié le 8 mai 2024 14:35:00. Six ans après son émergence, le COVID-19 ne constitue plus une urgence sanitaire mondiale, mais continue de provoquer des hospitalisations et des décès, en particulier chez les personnes vulnérables, soulignant l’importance de la vaccination.
- Le COVID-19 provoque toujours des hospitalisations et des décès en Europe, bien que les vaccins mis à jour restent efficaces.
- Une faible couverture vaccinale persiste chez les groupes à risque, malgré les recommandations de l’OMS.
- Les patients atteints de COVID-19 présentent plus fréquemment des complications graves que ceux atteints de la grippe.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé ce mercredi que le COVID-19 n’est plus considéré comme une urgence sanitaire internationale, six ans après la découverte des premiers cas de pneumonie à Wuhan, en Chine. Cependant, l’agence de santé souligne que le virus SARS-CoV-2 reste un risque important pour la santé publique.
Plus de trois ans après la déclaration de la pandémie, le 31 décembre 2019, et après un bilan mondial estimé à plus de 6,9 millions de décès, l’OMS a levé le niveau d’urgence en mai 2023. Néanmoins, les données récentes montrent que le virus continue de circuler et d’affecter la santé des populations.
Une étude récente menée par l’agence européenne de l’OMS a analysé près de 4 000 hospitalisations pour infections respiratoires aiguës entre mai 2023 et avril 2024. Les résultats indiquent qu’environ 10 % des patients hospitalisés étaient atteints de COVID-19. Plus des deux tiers de ces patients avaient plus de 60 ans et une proportion similaire souffrait d’au moins une maladie chronique. L’OMS recommande une vaccination annuelle actualisée pour ces groupes à risque.
Or, seulement 3 % des patients hospitalisés avaient reçu un vaccin contre le COVID-19 au cours des douze mois précédents. L’impact de la maladie restait significatif : 13 % des patients atteints de COVID-19 ont dû être admis en soins intensifs et 11 % sont décédés.
Une autre étude, menée dans le cadre du réseau EuroSAVE, a comparé les patients hospitalisés pour COVID-19 à ceux admis pour la grippe entre 2022 et 2024. Elle a révélé que les patients atteints de COVID-19 présentaient plus fréquemment des conséquences graves, telles que le besoin d’oxygène, l’admission en soins intensifs et le décès, par rapport aux cas de grippe.
« Même si le COVID-19 ne provoque plus la propagation massive que nous avons constatée pendant la pandémie, il provoque toujours un nombre important d’hospitalisations et de décès. L’impact du virus semble être aussi grave que celui de la grippe, et même dans certains cas plus grand. »
Mark Katz, épidémiologiste à l’OMS/Europe
Concernant l’efficacité des vaccins actualisés, une étude menée au Kosovo sur trois ans a démontré qu’une dose administrée dans les six mois précédents était efficace à 72 % pour prévenir les hospitalisations et à 67 % pour éviter les formes graves de la maladie, y compris l’admission en soins intensifs et le décès. Une analyse portant sur des données provenant de six pays et territoires a également révélé qu’une vaccination récente réduisait le risque d’hospitalisation de 60 %.
Malgré ces résultats encourageants, les données montrent une faible couverture vaccinale parmi les groupes à haut risque et, dans certains pays, un manque de disponibilité des vaccins. Silvia Bino, épidémiologiste à l’Institut albanais de santé publique, explique : « La majorité des patients hospitalisés étaient des personnes âgées ou des personnes atteintes de maladies chroniques, qui devraient précisément recevoir des rappels annuels. »
Face à cette situation, l’OMS réitère l’importance de la revaccination pour les personnes âgées, les personnes présentant des comorbidités, les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et le personnel de santé.