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La croissance du football à Philadelphie nécessitera plus que des mini-terrains

Publié le 26 décembre 2025 à 16h01. À l'approche de la Coupe du monde de la FIFA qui se déroulera en partie à Philadelphie, la question de l'impact durable de cet événement sur le développement du football dans…

La croissance du football à Philadelphie nécessitera plus que des mini-terrains

Publié le 26 décembre 2025 à 16h01. À l’approche de la Coupe du monde de la FIFA qui se déroulera en partie à Philadelphie, la question de l’impact durable de cet événement sur le développement du football dans la région se pose avec acuité, notamment en termes d’accès et d’équité.

  • La US Soccer Foundation a installé cinq terrains de football miniatures à Philadelphie dans le cadre d’un projet national de 2 millions de dollars visant à laisser un héritage durable.
  • Des acteurs locaux soulignent que la simple construction de terrains ne suffit pas : il est crucial de mettre en place des programmes structurés pour encourager la pratique du football, en particulier auprès des jeunes issus de milieux défavorisés.
  • Le coût élevé de la pratique du football de jeunes aux États-Unis crée des inégalités d’accès, et la Coupe du monde pourrait être une opportunité de changer cette dynamique.

La tenue de la Coupe du monde de la FIFA à Philadelphie suscite un espoir quant à l’essor du football dans la région. L’histoire montre que les Coupes du monde peuvent transformer les nations qui les accueillent. L’édition masculine de 1994 aux États-Unis a contribué à l’émergence de la Major League Soccer, tandis que les Coupes du monde féminines de 1999 et 2003 ont stimulé la croissance du football féminin et masculin au niveau local.

Cependant, le paysage du football de jeunes aux États-Unis est marqué par une logique de marché où les clubs les plus performants sont souvent les plus coûteux. Cette situation limite l’accès aux jeunes athlètes dont les familles ne disposent pas de ressources financières importantes – parfois plusieurs milliers de dollars – pour s’inscrire à des tournois et bénéficier d’une exposition tout au long de l’année. L’US Youth Soccer, un réseau qui supervise plus de 10 000 clubs à travers le pays, y compris des branches locales comme l’Eastern Pennsylvania Youth Soccer Association, reflète cette réalité. Beaucoup de ces clubs et ligues ne sont pas implantés dans les quartiers défavorisés comme ceux de Philadelphie, où les futurs talents américains pourraient se cacher.

La ville de Philadelphie, en collaboration avec plusieurs fondations et organisations, s’efforce de répondre à ce besoin, consciente que la Coupe du monde pourrait inciter davantage d’enfants à s’essayer au football. La US Soccer Foundation a ainsi installé cinq terrains de football miniatures à l’automne dernier dans le cadre du « 2026 Legacy Project », un effort national doté de 2 millions de dollars (environ 1,85 million d’euros). Fondée après la Coupe du monde de 1994, la fondation vise à laisser un héritage durable dans les centres-villes, en offrant non seulement des lieux de jeu, mais aussi des espaces pour les organisations locales afin d’organiser des programmes.

« Lorsque notre président-directeur général actuel [Ed Foster-Simeon] est entré en fonction en 2008, il a fait une analyse du paysage et a montré que l’entreprise s’était développée… mais dans les banlieues et les communautés les plus riches. Du point de vue de la fondation, nous voulons nous assurer qu’elle se développe de manière égale sur tout le terrain. Nous sommes là pour les communautés sous-financées, des communautés qui n’auraient peut-être pas fait partie de ce boom après 1994. Nous sommes ici pour nous assurer que tout le monde puisse accéder au jeu. »

Jen Arnold, vice-présidente des communications et du marketing de la US Soccer Foundation

L’installation de l’un de ces terrains a eu lieu derrière le Swenson Arts and Technology High School, dans le nord-est de Philadelphie, en partenariat avec Independence Blue Cross, le District scolaire de Philadelphie et FIFA Philly 26, le collectif local chargé d’organiser la participation de Philadelphie à la Coupe du monde de cet été. Ces terrains, dont l’installation coûte 150 000 $ (environ 138 000 euros) chacun, s’inscrivent dans le cadre plus large du programme de reconstruction de la ville, un projet de restauration de 500 millions de dollars destiné aux parcs et aux terrains de jeux, dont 3,5 millions de dollars ont été alloués à la création de 15 terrains miniatures et de deux terrains de football de taille réglementaire dans toute la ville.

Cependant, les organisateurs de football de la région soulignent que la simple construction de terrains ne suffit pas. Il est essentiel de mettre en place des programmes structurés pour encourager la pratique du football, en particulier auprès des jeunes issus de milieux défavorisés. Dom Landry, fondateur du club AC Fairhill en 2015, témoigne de la nécessité d’un engagement local fort pour susciter l’intérêt des enfants pour ce sport.

« Mettre en place des infrastructures pour jouer est d’une importance cruciale, mais ce n’est pas à la Fédération américaine de football ou à sa fondation de fournir des programmes. C’est vraiment le travail des organisations locales d’amener la programmation dans ces domaines. Nous n’avons pas de culture du football ici en Amérique où les enfants vont simplement attraper un ballon de football et aller sur un terrain de football parce qu’il a été fabriqué ; il doit y avoir suffisamment de personnes pour susciter ce niveau d’intérêt. »

Dom Landry, fondateur d’AC Fairhill

Contrairement à d’autres pays où le football est omniprésent, aux États-Unis, il est souvent considéré comme un sport pour enfants, relégué au second plan derrière le football américain, le baseball et le basket-ball. Pour Jeremiah White III, ancien footballeur professionnel, il est crucial de créer un lien émotionnel avec ce sport. Il a notamment proposé de créer un terrain de football lors du festival annuel d’Odunde, afin d’inciter les enfants et leurs familles à découvrir le football et à s’informer sur les programmes disponibles à proximité.

Chris Branscome, président et chef de la direction d’EPYSA, l’organisation qui supervise la programmation des clubs dans la région, souligne l’importance de former davantage d’entraîneurs et d’offrir une programmation régulière et cohérente sur ces nouveaux terrains. Le défi reste de maintenir l’élan suscité par la Coupe du monde une fois l’événement terminé.

Pour en savoir plus sur la couverture du football par l’Inquirer, consultez cette page.

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À propos de l’auteur: Camille Renault

Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.