Publié le 1er janvier 2026 à 16h42. L’année 2026 s’annonce marquée par des inflexions majeures sur la scène internationale, de la stratégie tarifaire de Donald Trump à l’ascension de l’Afrique, en passant par une crise du droit international et une réorientation des flux commerciaux mondiaux.
- Donald Trump assouplit sa politique tarifaire face aux élections de mi-mandat aux États-Unis.
- L’Afrique se positionne comme une opportunité majeure pour l’Europe, notamment dans les domaines de l’énergie et de l’investissement.
- Le droit international est fragilisé par les conflits et les actions unilatérales de certains États.
Donald Trump semble modérer sa rhétorique protectionniste, réduisant progressivement les droits de douane qu’il avait initialement annoncés. Cette volte-face, qualifiée par certains d’« Always Chickens Out » (toujours en train de reculer), est motivée par la crainte de perdre des voix lors des élections de mi-mandat de 2026, les consommateurs américains craignant de devoir supporter le coût de ces droits de douane. Dès septembre et novembre 2025, le gouvernement américain a exempté de droits de douane des centaines de produits, notamment des matières premières et des produits agricoles comme le café et les bananes, pour une valeur totale de plus de 530 milliards de dollars (environ 468 milliards d’euros).
Parallèlement, l’Afrique émerge comme un partenaire stratégique pour l’Europe, alors que les liens avec la Chine et les États-Unis se distendent. Stefan Liebing, consultant en gestion et expert de l’Afrique, estime que
« L’Europe sera de toute urgence dépendante de l’Afrique au cours de la décennie à venir »
Stefan Liebing, consultant en gestion et expert de l’Afrique
. Le continent africain offre des marchés en croissance et des opportunités d’investissement dans des secteurs clés tels que l’énergie, l’agriculture, la numérisation et l’industrie manufacturière. La Fédération de l’industrie allemande (BDI) souligne la nécessité pour l’Allemagne de réduire sa dépendance à la Chine en se tournant vers l’Afrique, qui offre également un accès à des matières premières stratégiques. Plusieurs pays, comme l’Ouganda, le Rwanda, l’Éthiopie, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, affichent des perspectives de croissance économique prometteuses, avec des taux de 6 à 8 % prévus en 2026 par rapport à l’année précédente. Les investissements directs étrangers en Afrique devraient également connaître une augmentation record en 2025, stimulée notamment par un projet d’infrastructure en Égypte, mais déjà en hausse de 12 % même sans ce projet.
Cependant, l’ordre international est de plus en plus menacé. Les conflits, les crises et les catastrophes d’origine humaine persistent, et le droit à l’autodétermination et à la souveraineté est bafoué. Le comportement du gouvernement américain, notamment les actions de Donald Trump envers le Venezuela, le Groenland et le Panama, illustre cette tendance. Cette remise en question du droit international affaiblit la crédibilité des démocraties et engendre des risques accrus pour les échanges commerciaux. Les entreprises se replient sur elles-mêmes, et les troubles géopolitiques sont désormais considérés comme la principale préoccupation des dirigeants, selon le cabinet de conseil en ressources humaines Egon Zehnder. En parallèle, les dépenses mondiales de défense ont dépassé les 2 % de la production économique mondiale en 2022, signalant une escalade des tensions.
Sur le front économique, la fin des montagnes russes des taux d’intérêt semble approcher. Le double choc des prix provoqué par la pandémie de coronavirus et la guerre en Ukraine s’estompe, et les économistes prévoient une légère baisse de l’inflation dans la plupart des pays industrialisés et émergents. Cette évolution est due à la baisse des prix de l’énergie et à l’absence de guerre tarifaire massive. La plupart des banques centrales devraient maintenir des taux d’intérêt stables, à l’exception de la Chine, où la déflation persistante constitue un défi, et des États-Unis, où les droits de douane imposés par Donald Trump pourraient entraîner une hausse des prix. Le président américain fait également pression sur la Réserve fédérale (Fed) pour qu’elle baisse davantage les taux d’intérêt, et pourrait nommer un gouverneur de banque centrale plus complaisant au printemps.
Enfin, la protection du climat reprend de l’ampleur, malgré la guerre en Ukraine et l’attitude de Donald Trump. De nombreux pays, dont la Chine, ont introduit des taxes carbone qui devraient augmenter dans les années à venir, rendant les combustibles fossiles plus coûteux et les énergies renouvelables plus attractives. Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACB) de l’Union européenne, entré en vigueur le 1er janvier, vise à protéger l’industrie européenne de la concurrence déloyale et à encourager la réduction des émissions de carbone. Des technologies telles que le captage et le stockage du CO₂ sont également en cours de développement.
Les marchés émergents, quant à eux, attirent de plus en plus d’attention. Sous la pression de la politique commerciale américaine et de la restructuration économique chinoise, l’industrie européenne se repositionne vers ces marchés. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) estime que
« La mondialisation ne sera pas abolie, mais elle sera reconnectée »
Organisation mondiale du commerce (OMC)
. Bruxelles envisage des accords de libre-échange avec le Mercosur, l’Inde, la Malaisie, l’Indonésie, les Philippines et l’Australie. Le Vietnam est un exemple de pays qui a su attirer les investissements grâce à un cadre juridique stable, une main-d’œuvre qualifiée et des terres disponibles. Les faibles taux d’inflation et d’intérêt offrent également des opportunités d’investissement dans la numérisation.
L’Asie du Nord-Est représente quant à elle un foyer de tensions croissant, en particulier en raison de la question de Taïwan, revendiquée par Pékin. Le renforcement militaire du Japon et de la Corée du Sud, ainsi que leur alliance avec les États-Unis et l’Australie, exacerbent les risques de conflit. La nouvelle stratégie de sécurité américaine met l’accent sur la prévention d’un conflit autour de Taïwan, tout en soulignant l’importance stratégique de la région Info-Pacifique, qui représente déjà près de la moitié de la production économique mondiale.
Enfin, les flux commerciaux mondiaux sont en pleine mutation, se déplaçant des pays industrialisés vers l’Asie et l’Amérique latine. Cette tendance est accélérée par l’affaiblissement des économies occidentales, la croissance des pays émergents, la faiblesse des prix du pétrole, les sanctions et la politique commerciale américaine. Les entreprises et les États cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à réduire leur dépendance à certains partenaires commerciaux.
L’Arabie saoudite se trouve à un tournant, confrontée à une dette nationale croissante et à la nécessité de diversifier son économie au-delà du pétrole. La stratégie « Vision 2030 » du prince héritier Muhammad Bin Salman (MBS) est remise en question, en raison des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de certains projets phares, comme The Line, un mégaprojet urbain dans le désert.
La Chine, de son côté, doit relancer son économie en stimulant la consommation intérieure et en réduisant sa dépendance aux exportations. Le gouvernement injecte des centaines de milliards de dollars dans le système, mais la confiance des consommateurs reste fragile. La crise immobilière et le chômage des jeunes constituent des défis majeurs. Le groupe de réflexion américain Rhodium Group estime que le taux de croissance de la Chine en 2025 ne sera que d’environ 2,5 %.
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