Mise à jour le 18 janvier 2025. Le Japon fait face à une recrudescence inquiétante de la syphilis, avec plus de 13 000 cas signalés en 2024, et une augmentation alarmante des infections congénitales, mettant en lumière des défis de santé publique liés à la prévention et à la sensibilisation.
- Le nombre de cas de syphilis a atteint 13 085 jusqu’au 17 décembre 2025, après 185 signalements pour la semaine 50.
- Tokyo, Osaka, Aichi, Fukuoka et Kanagawa sont les préfectures les plus touchées.
- L’incidence de la syphilis congénitale a atteint un niveau record en 2023, avec 37 cas recensés.
C’est la quatrième année consécutive que le Japon enregistre au moins 13 000 cas de syphilis, une tendance qui contraste fortement avec les chiffres observés entre 2000 et 2012, où le nombre annuel de cas signalés oscillait entre 500 et 900. En 2024, 14 663 cas ont été recensés, un chiffre légèrement inférieur aux 14 906 cas de 2023. En 2022, le Japon avait déjà franchi le seuil des 10 000 cas, avec un total de 13 228 infections signalées.
Selon les données de l’Institut national japonais des maladies infectieuses (NIID), Tokyo est le foyer principal de l’épidémie, concentrant à elle seule 3 264 cas, soit 25 % du total national. Les préfectures d’Osaka (1 637 cas), d’Aichi (818 cas), de Fukuoka (739 cas) et de Kanagawa (728 cas) suivent également de près. Le gouvernement japonais exige la déclaration obligatoire de tous les cas de syphilis depuis 1948, en vertu de la loi sur la surveillance des maladies à déclaration obligatoire.
L’augmentation de la syphilis est particulièrement marquée chez les hommes âgés de 20 à 50 ans et chez les femmes dans la vingtaine. Les autorités de Tokyo attribuent cette hausse à la facilité accrue de rencontrer de nouvelles personnes et d’établir des relations. Certains experts soulignent également une réticence générale à discuter des infections sexuellement transmissibles (IST), combinée à un manque d’information ou à la diffusion de fausses croyances.
L’épidémie de syphilis a des conséquences directes sur la santé infantile. En 2023, le nombre de cas de syphilis congénitale a atteint un record de 37. Une enquête menée en 2022 par l’Association japonaise des obstétriciens et gynécologues a révélé qu’une adolescente sur environ 200, enceinte, était infectée par la syphilis, soit une multiplication par près de trois en six ans. L’enquête, basée sur les réponses de 1 346 établissements de maternité à travers le pays, a montré que 18 des 3 504 adolescentes enceintes, soit 0,51 %, étaient porteuses de la maladie, contre 0,19 % lors de l’enquête précédente (octobre 2015 – avril 2016).
La syphilis est une infection bactérienne causée par Treponema pallidum, qui peut entraîner de graves complications en l’absence de traitement. Elle se transmet généralement par contact direct avec des lésions infectieuses présentes sur les organes génitaux, l’anus, le rectum, les lèvres ou la bouche, mais aussi par transfusion sanguine ou de la mère à l’enfant pendant la grossesse. Bien que la syphilis puisse être traitée efficacement avec des antibiotiques, notamment la pénicilline, un traitement précoce est crucial pour éviter des dommages à long terme au cœur, aux vaisseaux sanguins et au système nerveux. En raison du risque de réinfection, une surveillance et des traitements réguliers sont nécessaires.
Pour plus d’informations sur les épidémies et les maladies infectieuses, vous pouvez consulter Outbreak News TV sur YouTube.
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