Publié le 1er janvier 2026. Jakarta a détrôné Tokyo du titre de plus grande ville du monde, une évolution démographique majeure révélée par un nouveau rapport de l’ONU qui redéfinit également la manière dont les populations urbaines sont mesurées.
- Jakarta est désormais la plus grande ville du monde avec 41,9 millions d’habitants, dépassant Tokyo et Dhaka.
- L’ONU utilise une nouvelle méthodologie pour mesurer les populations urbaines, basée sur des agglomérations contiguës d’au moins 1 500 habitants par kilomètre carré.
- Tokyo devrait voir sa population diminuer et glisser au septième rang mondial d’ici 2050 en raison de défis démographiques.
Pendant des décennies, Tokyo a incarné l’urbanisation massive et la densité de la vie citadine, occupant invariablement la première place des classements mondiaux. Mais cette domination est désormais révolue. Le dernier rapport des Nations Unies sur les perspectives d’urbanisation, publié ce 1er janvier 2026, révèle que Jakarta s’impose comme la plus grande métropole du monde, avec une population de 41,9 millions d’habitants. Dhaka, capitale du Bangladesh, suit de près, tandis que Tokyo, autrefois incontesté, a vu son rang descendre à la troisième place. Ce bouleversement dans le palmarès urbain mondial reflète non seulement la croissance rapide des mégalopoles des pays en développement, mais aussi les mutations démographiques auxquelles est confrontée la capitale japonaise.
Le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DAES), qui a publié ce rapport, a introduit une nouvelle approche pour le calcul des populations urbaines. Cette méthodologie se concentre sur les agglomérations, définies comme toute zone continue comptant au moins 1 500 habitants par kilomètre carré et une population minimale de 50 000 habitants. Ainsi, le décompte de la population de Tokyo inclut désormais les préfectures limitrophes de Saitama, Chiba et Kanagawa, et non plus seulement la ville administrative stricto sensu, qui compte environ 14 millions d’habitants. Cette approche permet une comparaison plus pertinente entre les villes du monde entier, en particulier celles qui s’étendent au-delà des limites administratives traditionnelles.
Qu’est-ce qui explique l’ascension fulgurante de Jakarta ? La réponse réside dans la croissance urbaine spectaculaire observée dans de nombreux pays en développement. Jakarta, la capitale dynamique de l’Indonésie, a vu sa population atteindre environ 42 millions d’habitants, tandis que Dhaka, capitale du Bangladesh, a dépassé les 37 millions. Tokyo, quant à elle, en compte environ 33 millions. Ces chiffres, rapportés par l’agence de presse Kyodo News et confirmés par l’ONU, illustrent une tendance plus large : l’essor démographique des villes des économies émergentes d’Asie dépasse celui des métropoles établies comme Tokyo.
Ce n’est pas qu’une question de chiffres. Le rapport de l’ONU souligne que les villes abritent désormais environ 45 % des 8,2 milliards d’habitants de la planète, soit plus du double de la proportion enregistrée en 1950. Et cette tendance ne montre aucun signe d’essoufflement. Entre 2025 et 2050, on estime que les deux tiers de la croissance démographique mondiale se concentreront dans les villes, le reste se produisant principalement dans les petites agglomérations. Face à cette urbanisation accélérée, la capacité à gérer la croissance urbaine de manière durable devient cruciale, tant pour le bien-être des citadins que pour la réalisation des objectifs climatiques mondiaux. Ces données, selon l’ONU, sont destinées à éclairer les décisions des responsables politiques et des chercheurs dans la conception des villes de demain.
Mais si certaines villes grandissent, d’autres déclinent. Le rapport de l’ONU relève que le Japon et la Chine figurent parmi un nombre croissant de pays qui devraient connaître une diminution significative de leur population urbaine d’ici 2050. La cause ? Des taux de natalité persistent faibles et un déclin général de la population. Au Japon, par exemple, la population totale a diminué d’environ 4 millions entre 2015 et 2025, malgré une augmentation de plus de 300 000 habitants à Tokyo au cours de la même période. Cependant, cette croissance devrait s’inverser. La zone urbaine de Tokyo devrait passer de 33,4 millions d’habitants en 2025 à 30,7 millions d’ici 2050, la reléguant au septième rang mondial.
Tokyo et Séoul sont les deux seules villes parmi les dix plus grandes du monde en 2025 qui devraient connaître un déclin démographique d’ici le milieu du siècle. Ce vent contraire démographique devrait remodeler le paysage urbain de l’Asie de l’Est, en mettant l’accent sur les mégalopoles en pleine expansion d’Asie du Sud et du Sud-Est. D’ici 2050, Dhaka devrait devenir la plus grande ville du monde avec 52,1 millions d’habitants, suivie de Jakarta, Shanghai, New Delhi, Karachi et Le Caire. Tokyo, autrefois symbole de la puissance urbaine, se retrouvera plus loin dans ce classement.
Cette évolution du classement des plus grandes villes du monde a également des implications importantes pour la politique mondiale. L’augmentation des populations urbaines dans des villes comme Jakarta et Dhaka rend d’autant plus pressant le besoin d’infrastructures durables, d’une gouvernance efficace et d’une résilience face aux changements climatiques. Inversement, des villes comme Tokyo et Séoul doivent faire face aux défis du déclin démographique : infrastructures vieillissantes, pénurie de main-d’œuvre et risque de stagnation économique.
En fin de compte, l’histoire des plus grandes villes du monde est celle d’un changement constant. L’essor de Jakarta et de Dhaka marque le début d’une nouvelle ère dans l’urbanisation mondiale, alimentée par les mutations démographiques, la croissance économique et le mouvement incessant des populations vers les centres urbains. Pour Tokyo, le défi sera de s’adapter à un avenir où la taille ne sera plus le critère déterminant, mais où l’innovation et la qualité de vie pourraient bien l’être.
Alors que le paysage urbain mondial continue d’évoluer, les villes qui le composent évolueront également, chacune avec ses propres défis, opportunités et histoires à raconter.
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