Gaza est plongée dans une crise humanitaire sans précédent alors que l’hiver s’installe, avec des conséquences tragiques pour les populations civiles. Face à la destruction massive d’infrastructures et à la restriction croissante de l’aide, plusieurs pays et organisations internationales tirent la sonnette d’alarme.
La situation à Gaza, déjà désastreuse, se détériore rapidement avec l’arrivée du froid. Des enfants meurent d’hypothermie, d’autres se noient dans les camps inondés par les pluies diluviennes, et les familles sont confrontées à des risques mortels en tentant de se chauffer et de cuisiner dans des tentes précaires. Selon les estimations, 1,6 million de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, malgré la reprise partielle des livraisons d’aide après le cessez-le-feu.
Israël a annoncé mardi le retrait de l’agrément de 37 organisations non gouvernementales (ONG) actives à Gaza, leur ordonnant de cesser leurs opérations d’ici le 1er mars, sauf si elles se conforment à de nouvelles « normes de sécurité et de transparence », incluant la divulgation des données personnelles de leur personnel. Cette décision, qualifiée de « scandaleuse » par Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, s’inscrit dans une série de restrictions illégales à l’accès humanitaire. Des ONG israéliennes ont également dénoncé cette mesure, estimant qu’elle viole les principes d’indépendance et de neutralité des organisations humanitaires.
Parmi les organisations concernées figurent des acteurs majeurs de l’aide humanitaire tels qu’Oxfam, Médecins Sans Frontières et le Conseil norvégien pour les réfugiés. Israël justifie cette décision en affirmant qu’elle vise à empêcher les ONG d’employer du personnel lié à des groupes extrémistes, notamment le Hamas, qu’il accuse d’infiltrer les organisations humanitaires et d’exploiter l’aide internationale, sans pour autant fournir de preuves tangibles. La demande de listes du personnel, alors que de nombreux travailleurs humanitaires ont été arbitrairement détenus ou tués depuis le début du conflit, suscite de vives inquiétudes.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’Israël continue de bloquer l’acheminement de fournitures essentielles telles que les poteaux de tente et les générateurs, sous prétexte qu’elles pourraient être utilisées à des fins militaires, tout en autorisant leur vente par des commerçants. Cette situation crée une distorsion flagrante, où des acteurs profitent financièrement et politiquement de la souffrance des Palestiniens.
Des responsables américains en Israël auraient interpellé les autorités israéliennes pour que ces éléments soient retirés de la liste noire, en vain. Par ailleurs, la frustration grandit à Washington face à la réticence de Benjamin Netanyahu à faire avancer le processus de paix. Lors de sa rencontre avec le Premier ministre israélien lundi, Donald Trump a déclaré vouloir passer à la deuxième phase du plan le plus rapidement possible, tout en avertissant que le Hamas devra désarmer sous peine de subir « un enfer à payer ». Cependant, il s’est montré plus conciliant quant à la réticence d’Israël à se retirer de la moitié de Gaza qu’il contrôle.
Loin de respecter les termes de l’accord, accueilli avec un soulagement provisoire par les Palestiniens comme une alternative à la poursuite de la guerre, Israël semble ne pas tenir ses engagements. Pour être crédible en tant que négociateur, il doit appliquer l’accord. L’acheminement de l’aide humanitaire à ceux qui se trouvent dans des conditions désespérées n’est pas un acte de générosité soumis à des conditions, mais une obligation légale. Les alliés d’Israël, qui ont tardé à reconnaître et à dénoncer le carnage à Gaza, doivent désormais agir avec plus de fermeté. Ce n’est pas le mauvais temps, mais le manque de bonne volonté qui constitue la plus grande menace pour ceux qui luttent aujourd’hui pour survivre.