Publié le 10 décembre 2025 à 06h21. Une étude finlandaise portant sur le remdesivir, un antiviral utilisé contre le COVID-19, n’a pas démontré de bénéfice significatif en termes de guérison ou de qualité de vie un an après l’hospitalisation, bien que les résultats ne permettent pas d’exclure complètement un effet positif ou négatif.
- Une étude de suivi d’un an menée sur 208 patients hospitalisés pour COVID-19 en Finlande n’a révélé aucune différence significative entre le groupe traité au remdesivir et celui ayant reçu un traitement standard.
- Les symptômes persistants les plus fréquemment rapportés par les patients un an après l’infection incluent la fatigue (26 %), les douleurs articulaires (22 %), et les troubles de la mémoire et de la concentration (19 % et 18 % respectivement).
- L’étude, publiée dans Nature Communications, souligne que près d’un patient sur six ne se sentait pas complètement rétabli un an après son hospitalisation.
Les chercheurs de l’Université d’Oulu et d’autres institutions finlandaises ont mené cette étude de suivi pour évaluer les effets à long terme du remdesivir sur la guérison et la qualité de vie des patients hospitalisés pour COVID-19. L’essai randomisé initial, connu sous le nom de SOLIDARITY Finlande, avait déjà été mené pendant la pandémie. Cette nouvelle analyse, publiée le 18 octobre 2022, apporte un éclairage sur l’évolution des patients sur une période prolongée.
Sur les 208 patients inclus dans l’étude, 198 ont survécu et 181 (92 %) ont participé au suivi d’un an. Les résultats indiquent que 85 % des patients ayant reçu du remdesivir ont rapporté une guérison auto-déclarée, contre 86 % dans le groupe témoin traité selon les protocoles standards (RR 0,94, IC à 95 % 0,47-1,90). Aucune différence significative n’a été observée en termes de qualité de vie ou d’évolution des symptômes (p > 0,05).
Concernant les symptômes de la « longue COVID », les patients ont signalé des problèmes modérés ou importants liés à la fatigue, aux douleurs articulaires, aux troubles de la mémoire et aux difficultés de concentration. Ces résultats mettent en évidence l’impact durable de l’infection au COVID-19 sur la santé des patients, même après un an.
Les données détaillées au niveau agrégé sont disponibles en annexe. L’accès aux données individuelles des participants est possible sur demande, sous réserve de la conclusion d’un accord de confidentialité avec l’auteur correspondant, Kari Tikkinen ([email protected]). L’étude a été financée par l’Académie de Finlande, la Fondation de l’Association finlandaise antituberculeuse, l’hôpital universitaire d’Helsinki, la Fondation Päivikki et Sakari Sohlberg, la Fondation Sigrid Jusélius, la Fondation antituberculeuse de Tampere et le financement de la recherche par l’État de l’hôpital universitaire de Tampere. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fourni le remdesivir, offert par Gilead Sciences.
Cet article est publié sous licence Creative Commons Attribution 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/). DOI: 10.1038/s41467-022-33825-5
Auteurs : Nevalainen, Olli PO; Horst, Saana; Laakkonen, Sanna; Rutanen, Jarno; Mustonen, Jussi MJ; Kalliala, Ilkka EJ; Ansakorpi, Hanna; Comte, Hanna-Riikka; Six, Paulina; Paajanen, Juuso; Parking, Seppo; Paukkeri, Erja-Leena; Perle, Markus; Pourjamal, Negar; Renner, Andreas; Rosberg, Toomas; Rutanen, Taija; Savolainen, Joni; Haukka, Jari K.; Guyatt, Gordon H.; Tikkinen, Kari AO.