L’annulation d’un jeu vidéo ambitieux, baptisé Project Blackbird, a poussé à la démission Matt Firor, figure emblématique de Zenimax Online, l’été dernier. Firor a révélé publiquement que cette décision, survenue après des licenciements massifs chez Microsoft, a mis fin à un projet auquel il consacrait toute son énergie.
Dans un message publié le 1er janvier sur LinkedIn, puis partagé sur Bluesky, Matt Firor a expliqué que Project Blackbird représentait « le jeu que j’avais attendu toute ma carrière ». Il a souligné la détresse ressentie face à son annulation et a exprimé son soutien aux membres de l’équipe touchés, dont beaucoup avaient travaillé à ses côtés pendant plus de 20 ans. « Mon cœur et mes pensées vont toujours aux membres de l’équipe concernés, dont beaucoup avec qui j’ai travaillé pendant plus de 20 ans, et qui étaient tous le groupe de développeurs le plus dévoué et incroyablement talentueux de l’industrie », a-t-il écrit.
Bien que ne nommant pas directement Microsoft, qui a acquis Zenimax Online en 2021, le message de Firor témoigne d’un profond désaccord. L’annulation de Project Blackbird intervient après une vague de licenciements au sein de l’entreprise, dans un contexte de restructuration plus large.
Selon Bloomberg, Project Blackbird était un jeu de tir avec butin (loot shooter) ambitieux, combinant des éléments de Destiny et de Blade Runner avec la structure et les quêtes d’un MMORPG (jeu de rôle en ligne massivement multijoueur). Le PDG de Microsoft Gaming, Phil Spencer, aurait même joué une version du jeu en mars dernier et aurait été très enthousiaste, ce qui rend son annulation d’autant plus surprenante.
Par ailleurs, des anciens collègues de Firor ont fondé Sackbird Studios, un nouveau studio de développement indépendant. Ils ont déclaré vouloir créer des expériences multijoueurs axées sur les personnages, bénéficiant d’un financement interne et d’une liberté créative totale, « libres de compromis corporatifs », selon leurs propres termes.
Les coupes budgétaires et les licenciements s’inscrivaient dans une stratégie visant à atteindre une marge bénéficiaire de 30 % pour les studios de jeux Xbox, tout en rendant tous les jeux jouables gratuitement via le service Game Pass, une exigence qui a suscité des critiques.
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