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Meta, la société mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a annoncé l’acquisition de Manus, une startup singapourienne spécialisée dans l’intelligence artificielle, pour un montant estimé entre 2 et 3 milliards de dollars (environ 1,8 à 2,7 milliards d’euros). Cette opération stratégique vise à accélérer le développement d’agents d’IA autonomes capables d’exécuter des tâches complexes directement au sein des applications populaires de Meta et de ses services aux entreprises.

Fondée en 2022 par Xiao Hong, Red Xiao et Yichao Peak Ji, Manus s’est rapidement distinguée grâce à ses « agents généraux d’IA ». Contrairement aux chatbots classiques, ces agents ne se contentent pas de répondre à des questions, mais sont capables de planifier, de prendre des décisions et de mener à bien des missions de bout en bout, sans intervention humaine constante. Ils peuvent ainsi réaliser des études de marché, écrire du code informatique ou analyser des données de manière autonome.

L’acquisition de Manus représente un changement de cap pour Meta. L’entreprise ne se contente plus de développer de grands modèles d’IA, mais cherche désormais à les intégrer concrètement dans ses produits. L’objectif est de proposer des fonctionnalités d’automatisation avancées aux utilisateurs de WhatsApp, Instagram et Facebook, ainsi qu’aux entreprises qui utilisent les outils de Meta.

Manus propose actuellement un abonnement à ses services allant de 39 à 199 dollars par mois (environ 36 à 185 euros). Meta pourrait à terme proposer des offres groupées intégrant les capacités de Manus à ses services existants.

Plusieurs investisseurs de renom, dont Benchmark, ZhenFund et Tencent, ainsi que Beijing Butterfly Effect Technology (sa société mère chinoise), ont soutenu le développement de Manus. La valorisation de la startup a considérablement augmenté ces derniers mois, passant de 500 millions de dollars (environ 460 millions d’euros) début 2025 à l’estimation actuelle de 2 à 3 milliards de dollars.

Cette acquisition n’est pas sans risques. Les origines chinoises de Manus pourraient soulever des questions de sécurité des données et de contrôle réglementaire, notamment aux États-Unis et au sein de l’Union européenne. De plus, l’intégration d’agents autonomes dans des plateformes grand public pose des défis en matière de confidentialité et de confiance.

Meta devra également faire face à la concurrence d’autres géants de l’IA, tels qu’OpenAI, Google DeepMind et Anthropic, qui développent également des agents autonomes. La startup singapourienne est d’ailleurs réputée pour surpasser les capacités de recherche approfondie d’OpenAI.

« L’avenir de l’IA ne réside pas seulement dans un chat plus intelligent, mais aussi dans des agents qui agissent en votre nom », a déclaré un porte-parole de Meta. L’entreprise envisage ainsi des applications concrètes, comme des robots WhatsApp capables de réserver des voyages, des agents Instagram gérant les flux de travail des créateurs de contenu, ou des assistants d’entreprise automatisant la recherche d’informations.

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Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.
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