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Même les Républicains contestent l’affirmation de Trump selon laquelle sa campagne au Venezuela porte sur la drogue – Mother Jones

L’annonce d’une possible intervention militaire au Venezuela, justifiée par la lutte contre le trafic de fentanyl, suscite des critiques au sein même du parti républicain américain. Plusieurs élus remettent en question les motivations réelles de l’administration Trump, pointant…

Même les Républicains contestent l’affirmation de Trump selon laquelle sa campagne au Venezuela porte sur la drogue – Mother Jones

L’annonce d’une possible intervention militaire au Venezuela, justifiée par la lutte contre le trafic de fentanyl, suscite des critiques au sein même du parti républicain américain. Plusieurs élus remettent en question les motivations réelles de l’administration Trump, pointant du doigt des intérêts pétroliers et une stratégie de changement de régime.

La représentante Marjorie Taylor Greene (Républicaine de Géorgie), qui quittera le Congrès lundi, a estimé que le Mexique, et non le Venezuela, devrait être la priorité dans la lutte contre le fentanyl. « La majorité des surdoses et des décès liés au fentanyl aux États-Unis proviennent du Mexique. Ce sont les cartels mexicains qui tuent les Américains », a-t-elle déclaré dimanche sur NBC Meet the Press. Elle a comparé une éventuelle intervention au Venezuela à la guerre en Irak, la qualifiant de « même stratégie de Washington » qui profite aux grandes entreprises et au secteur pétrolier.

Selon l’évaluation nationale de la menace liée aux drogues publiée en 2025 par la Drug Enforcement Administration (DEA), le Mexique est le principal producteur et exportateur de fentanyl vers les États-Unis, tandis que la Chine est un acteur majeur dans sa fabrication. Le rapport mondial sur les drogues de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, datant également de 2025, considère quant à lui le Venezuela comme un simple point de transit pour la cocaïne.

Le représentant Thomas Massie (Républicain du Kentucky) a également dénoncé la rhétorique de l’administration Trump, affirmant sur X (anciennement Twitter) : « Réveillez-vous MAGA. Le VENEZUELA n’est pas une question de drogue ; c’est une question de PÉTROLE et de CHANGEMENT DE RÉGIME. Ce n’est pas pour cela que nous avons voté. »

À l’inverse, le vice-président JD Vance a défendu l’opération militaire envisagée, arguant qu’affaiblir le trafic de cocaïne au Venezuela porterait un coup aux cartels. « Si vous supprimez l’argent provenant de la cocaïne (ou même si vous le réduisez), vous affaiblissez considérablement les cartels dans leur ensemble », a-t-il écrit sur X. Il a également maintenu un lien ténu entre le Venezuela et le fentanyl – « Il y a encore du fentanyl venant du Venezuela (ou du moins il y en avait) » – tout en reconnaissant le rôle prépondérant du Mexique et en justifiant la fermeture de la frontière par cette situation.

Cependant, l’argument du fentanyl comme justification de l’intervention au Venezuela masque, selon certains, une politique de santé plus large. Ma collègue, Julia Lurie, avait déjà souligné en avril que l’administration Trump utilisait « le prétexte de la réduction des surdoses de fentanyl » pour imposer des droits de douane contre le Canada, le Mexique et la Chine, et pour qualifier les cartels d’organisations terroristes.

Ces mesures spectaculaires masquent une réalité préoccupante : une réduction significative du financement des programmes de traitement de la toxicomanie et de prévention des surdoses, tant au niveau fédéral qu’étatique. Et ces coupes budgétaires ne sont probablement que le début. Depuis lors, Trump a signé le One Big Beautiful Bill Act, qui prévoit près de 1 000 milliards de dollars de réductions dans le programme Medicaid, qui assurait une couverture à environ la moitié des adultes non âgés souffrant de troubles liés à l’usage d’opioïdes. Les subventions aux soins de santé prévues par Obamacare ont également expiré, augmentant ainsi le coût moyen des primes d’assurance maladie.

L’offensive de Trump contre le Venezuela semble donc motivée par des considérations internes, et même certains membres de son propre parti commencent à le reconnaître.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.