Singapour assiste à une mutation du marché de l’or : alors que les ventes de bijoux traditionnels fléchissent face à des prix records, l’investissement dans l’or physique explose, porté par une volonté de préserver son capital dans un contexte économique incertain.
Au troisième trimestre de l’année dernière, les ventes d’or à Singapour ont reculé de 8 % en volume, une baisse directement imputable à l’affaiblissement de la demande de bijoux. Les consommateurs, confrontés à une flambée des prix – l’or a augmenté de 60 % sur l’année précédente – se montrent plus sensibles aux coûts et reportent leurs achats festifs. Certains, notamment les acheteurs plus âgés, préfèrent même se séparer de leurs possessions existantes pour profiter des conditions actuelles du marché.
Cette tendance s’observe malgré une forte dynamique sur le segment de l’investissement. Les achats de lingots et de pièces d’or ont bondi de 47 %, témoignant d’un intérêt croissant pour l’or comme valeur refuge. Les bijoutiers s’adaptent en proposant des modèles plus légers et abordables, comme des colliers et des bracelets pesant moins de 3 grammes, abandonnant progressivement les chaînes en or massives traditionnelles.
Les experts estiment que l’or conservera son statut d’actif sûr, fort de sa résistance historique face aux turbulences économiques et aux crises. « L’or reste une valeur refuge privilégiée en raison de sa résilience historique en cas d’instabilité des marchés ou de crises », soulignent les analystes. Bien que les prix devraient rester élevés, la croissance pourrait toutefois ralentir à ce stade. Les détaillants sont donc confrontés à un défi majeur : trouver le juste équilibre entre prix attractifs et maintien de la demande, alors que l’or se positionne de plus en plus comme un investissement principal plutôt qu’un simple article de bijouterie.
Cette évolution reflète un changement profond dans les préférences des consommateurs, qui privilégient désormais la sécurité et la préservation de leur patrimoine face à un paysage économique volatil.