Publié le 4 janvier 2026 à 09h27. L’intelligence artificielle révolutionne le suivi des populations de phoques au large de l’Écosse, permettant aux scientifiques d’analyser rapidement des données collectées par drone et d’évaluer l’impact du tourisme sur ces animaux marins.
Une nouvelle technologie basée sur l’intelligence artificielle (IA) permet de compter et de surveiller les phoques gris sur un site protégé d’Écosse avec une efficacité accrue. La plage de Newburgh, dans l’Aberdeenshire, est un lieu de rassemblement important pour des centaines de phoques gris, et les chercheurs s’efforcent de comprendre comment l’activité humaine affecte leur population.
Claire Stainfield, biologiste marine et doctorante, utilise des images capturées par drone pour suivre l’évolution du nombre de phoques et déterminer si la présence touristique a un impact négatif. Traditionnellement, l’analyse de ces données prenait des heures, mais grâce à un outil d’IA, le même travail est désormais réalisé en quelques secondes seulement.
« Traiter les données du drone me prenait normalement des heures. Maintenant, l’outil d’IA effectue le même travail en quelques secondes. J’espère que cette technologie pourra également être appliquée dans d’autres domaines de l’écologie. »
Claire Stainfield, biologiste marine et doctorante
L’estuaire de l’Ythan, où se trouve la plage de Newburgh, a été désigné site d’échouerie des phoques en 2017. Ces zones protégées sont des lieux de repos et de reproduction essentiels pour les phoques.
Claire Stainfield souligne l’importance de ce site pour ses recherches :
« Si vous parlez à quelqu’un il y a environ 50 ans, il n’y avait qu’une dizaine de phoques sur la plage. Aujourd’hui, au plus fort de la saison, il y en a plus de 3 000. »
Claire Stainfield, biologiste marine et doctorante
L’augmentation du nombre de touristes dans la région soulève des préoccupations quant à la perturbation potentielle de la faune locale. Il est illégal de déranger les phoques, et le public est invité à rester du côté sud de la plage. L’utilisation de drones récréatifs est interdite, mais Claire Stainfield a obtenu une autorisation spéciale pour ses travaux de recherche.
Elle étudie comment les phoques et les humains partagent cet espace et si l’afflux de touristes a un impact sur la population de phoques. Ses recherches préliminaires suggèrent que le respect d’une zone spécifique permet de minimiser les perturbations.
« Mes recherches montrent que si nous restons du côté sud de la plage, la perturbation est vraiment minime, comparée à si quelqu’un marchait le long du côté nord. »
Claire Stainfield, biologiste marine et doctorante
L’IA permet à Claire Stainfield d’analyser un volume important de données collectées par drone. Elle explique qu’il lui fallait auparavant trois heures pour traiter une image contenant environ 2 500 phoques, mais que son modèle d’IA peut désormais effectuer cette tâche en quelques secondes. Elle a dû « entraîner » manuellement le modèle pour qu’il puisse identifier correctement les phoques sur les images.
Claire Stainfield envisage d’étendre l’utilisation de cette technologie à d’autres sites et à d’autres espèces marines. Elle souligne le potentiel croissant des drones dans le domaine de l’écologie :
« Les drones et l’écologie prennent vraiment leur essor, les gens les utilisent beaucoup plus. Ils fournissent des décomptes précis, ils sont moins invasifs, et permettent d’accéder à des zones difficiles sans trop déranger les phoques. Disposer d’un outil comme celui-ci, qui peut être utilisé en parallèle avec les drones, aiderait vraiment de nombreuses industries souhaitant utiliser cette technologie. »
Claire Stainfield, biologiste marine et doctorante