Home MondeDes dizaines de séparatistes yéménites ont été tués dans des affrontements avec les forces soutenues par l’Arabie saoudite, selon un responsable

Des dizaines de séparatistes yéménites ont été tués dans des affrontements avec les forces soutenues par l’Arabie saoudite, selon un responsable

by Clara Dubois

Yémen : des combats acharnés entre forces pro-saoudiennes et séparatistes du Sud font au moins 80 morts. L’escalade de la violence dans le pays ravagé par la guerre révèle les profondes divisions entre les alliés du Golfe, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Au moins 80 membres du Conseil de transition du Sud (STC), un mouvement séparatiste yéménite, ont été tués dans des affrontements avec les forces soutenues par l’Arabie saoudite depuis vendredi, a déclaré dimanche un responsable militaire du STC. Le bilan provisoire fait également état de 152 blessés et 130 capturés parmi les rangs séparatistes.

Les forces pro-saoudiennes ont lancé une offensive vendredi pour reprendre des territoires contrôlés par le STC, qui bénéficie du soutien d’Abou Dhabi. Cette lutte pour le pouvoir a exacerbé les tensions entre Riyad et Abou Dhabi, deux acteurs clés dans le conflit yéménite.

Selon le responsable du STC, la majorité des victimes sont dues à des frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, ciblant notamment les camps militaires d’Al-Khasha et de Barshid dans la province de Hadramawt. Un responsable des forces pro-saoudiennes a quant à lui annoncé dimanche la mort d’au moins 14 de leurs combattants et plus de 30 blessés lors de l’offensive.

Samedi, la présidence yéménite a annoncé avoir repris le contrôle de la province de Hadramawt, riche en ressources, suite au retrait apparent des forces du STC. Des responsables militaires alignés sur Riyad ont également indiqué que les autorités de la province voisine de Mahra avaient changé d’allégeance sans opposition.

Dimanche, les forces soutenues par l’Arabie saoudite consolidaient leurs positions à Mukalla, la capitale de Hadramawt, selon deux responsables militaires gouvernementaux. Cependant, au milieu de ces mouvements de troupes, un responsable des forces de l’ordre à Mukalla a signalé l’évasion d’au moins 18 militants présumés affiliés à Al-Qaïda d’un centre de détention local.

Des affrontements sporadiques entre les forces fidèles au STC et les combattants soutenus par l’Arabie saoudite ont également été signalés dans la province de Mahra, selon des sources locales.

Riyad et Abou Dhabi soutiennent depuis longtemps des groupes rivaux au sein du gouvernement yéménite divisé. L’offensive du STC en décembre dernier, qui lui avait permis de prendre le contrôle de Hadramawt et de Mahra, avait provoqué l’ire de l’Arabie saoudite, révélant les fissures profondes entre les deux puissances pétrolières. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite avait alors lancé des avertissements et des frappes aériennes, dont une contre une livraison d’armes présumée en provenance des Émirats à destination des séparatistes.

Une frappe contre le camp militaire d’Al-Khasha, dans l’Hadramawt, avait déjà fait 20 morts vendredi, selon un précédent bilan du STC. Samedi, un responsable militaire du STC avait déclaré que des avions militaires saoudiens avaient mené des frappes aériennes « intenses » sur un autre camp du groupe à Barshid, à l’ouest de Mukalla.

Le gouvernement yéménite est une mosaïque de groupes, dont les séparatistes, unis par leur opposition au mouvement houthi, soutenu par l’Iran. Les Houthis ont chassé le gouvernement de Sanaa, la capitale du Yémen, en 2014 et contrôlent désormais la majeure partie du nord du pays. Depuis 2015, les Houthis sont en guerre contre le gouvernement, soutenu par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite, dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts et provoqué une grave crise humanitaire.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.