Le ministre du Plan et du Développement de Côte d’Ivoire, Souleymane Diarrassouba, a annoncé à Paris le lancement d’un « diaspora bond » pour financer le Plan national de développement (PND) 2026-2030. Ce mécanisme vise à capter l’épargne et les compétences des Ivoiriens résidant à l’étranger pour soutenir la croissance économique nationale.
L’État ivoirien change d’échelle dans sa stratégie de mobilisation financière pour le prochain quinquennat. En présentant la politique du gouvernement devant la communauté ivoirienne à Paris, Souleymane Diarrassouba a officialisé la volonté d’intégrer la diaspora comme l’un des moteurs centraux du développement économique du pays pour la période 2026-2030.
Le « diaspora bond » comme levier du PND 2026-2030
Le cœur de cette stratégie repose sur la création d’un titre obligataire spécifique, le diaspora bond
. Ce produit financier est conçu pour transformer les flux de transferts de fonds, souvent destinés à la consommation domestique, en investissements productifs à long terme. Selon les déclarations du ministre Souleymane Diarrassouba, l’objectif est double : capter l’épargne financière mais aussi mobiliser les réseaux et les compétences techniques des Ivoiriens de l’extérieur.
Cette approche s’inscrit dans un effort de mobilisation globale pour le Plan national de développement (PND) 2026-2030. Le gouvernement cherche à diversifier ses sources de financement pour réduire la dépendance aux emprunts extérieurs classiques et stimuler l’investissement patriotique.
Une stratégie de financement multi-acteurs
Le recours à la diaspora complète un montage financier complexe où interviennent plusieurs catégories d’acteurs. Les données récentes indiquent que le gouvernement ivoirien a déjà mobilisé des engagements massifs pour soutenir ses ambitions de croissance :
- Bailleurs de fonds : Le pays a enregistré 47 820 milliards de FCFA d’engagements de la part des bailleurs, selon les rapports de juillet 2026.
- Groupe Consultatif : Une somme de 11 138 milliards de FCFA est attendue de la part du Groupe Consultatif pour le PND 2026-2030.
- Secteur privé : Le patronat ivoirien s’est déclaré
prêt
à accompagner la mise en œuvre du plan, confirmant l’implication des entreprises nationales.
L’implication du secteur privé a été marquée par la présence de plus de 1 000 investisseurs réunis à Abidjan début juillet 2026 pour discuter des opportunités liées au nouveau PND.
L’enjeu des compétences et des réseaux
Au-delà de l’aspect purement monétaire, la politique exposée par Souleymane Diarrassouba à Paris souligne que le capital humain est tout aussi critique que le capital financier. Le gouvernement entend s’appuyer sur les expertises acquises à l’étranger pour optimiser l’exécution technique des projets du PND.
Cette volonté de mobiliser les compétences, les réseaux et les ressources financières
suggère que le diaspora bond pourrait être accompagné de mécanismes incitatifs pour encourager le retour d’expertise ou le conseil stratégique des Ivoiriens installés hors du pays.
Le succès de cette opération dépendra désormais des modalités précises de l’émission de ce bond — taux d’intérêt, durée de placement et garanties d’État — qui devront convaincre une diaspora souvent prudente face aux risques d’investissement.
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