Publié le 5 janvier 2026 20h12. L’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse ont comparu lundi devant un tribunal fédéral de New York, accusés de narcoterrorisme, après une opération audacieuse menée par les forces spéciales américaines à Caracas. Cette affaire inédite pourrait déstabiliser davantage la région et intensifier les tensions entre Washington et plusieurs pays d’Amérique latine.
- Nicolás Maduro et Cilia Flores ont plaidé non coupable des accusations portées contre eux.
- L’arrestation de Maduro fait suite à une opération militaire américaine secrète au Venezuela.
- La Colombie a menacé de reprendre les armes en réponse à des menaces américaines.
Lundi, Nicolás Maduro, se présentant comme « le président de mon pays », a tenté de prendre la parole devant le juge Alvin Hellerstein pour clamer son innocence.
« Je suis innocent. Je ne suis pas coupable. Je suis un homme honnête. Je suis toujours président de mon pays. »
Nicolás Maduro, ancien président du Venezuela
Il a été interrompu par le magistrat, qui lui a assuré qu’il aurait l’occasion de s’exprimer ultérieurement.
L’avocat de Maduro, Barry Pollack, a soulevé des questions quant à la légalité de l’arrestation militaire de son client et a indiqué qu’il pourrait contester son statut de chef d’État souverain. Le couple, menotté et vêtu d’un uniforme de prisonnier, a été placé en détention provisoire en attendant une nouvelle audience fixée au 17 mars.
Lors de leur sortie de la salle d’audience, un spectateur a invectivé Maduro en espagnol, lui assurant qu’il paierait pour ses crimes. L’ancien président a répondu qu’il était un « prisonnier de guerre ».
Cette affaire est sans précédent : Maduro est le premier chef d’État étranger à être jugé aux États-Unis pour trafic de drogue depuis la condamnation de l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández en 2024 à 45 ans de prison. Hernández avait toutefois bénéficié d’une grâce complète de Donald Trump en décembre dernier.
À Caracas, la vice-présidente Delcy Rodríguez a été investie président par intérim en raison de « l’absence forcée » de Maduro. Elle a appelé le gouvernement américain à « collaborer avec nous sur un programme de coopération orienté vers un développement partagé dans le cadre du droit international ». Washington a réaffirmé qu’il maintiendrait un blocus économique contre le Venezuela jusqu’à ce que le pays se conforme à ses exigences.
Donald Trump a également lancé des menaces à l’encontre de Rodríguez, déclarant qu’elle subirait un « tribut très lourd, probablement plus élevé que Maduro » si elle ne se pliait pas aux exigences américaines, notamment l’ouverture de l’industrie pétrolière vénézuélienne aux entreprises américaines. Ces menaces s’inscrivent dans une série de déclarations agressives proférées par Trump et ses collaborateurs depuis l’opération de samedi au Venezuela, visant également Cuba, le Mexique, la Colombie et le Groenland.
La situation a également provoqué des réactions fortes en Colombie. Le président Gustavo Petro a menacé de « reprendre les armes » après que des journalistes ont interrogé Trump sur la possibilité d’une intervention militaire américaine en Colombie. Trump avait répondu : « Cela me semble bien ». Petro a ensuite accusé des responsables colombiens liés aux trafiquants de cocaïne d’avoir induit en erreur le secrétaire d’État américain Marco Rubio afin de favoriser une rupture des relations entre les États-Unis et la Colombie et de relancer le trafic de cocaïne à l’échelle mondiale.
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