Home NouvellesL’extrême droite coréenne se rue sur le compte Instagram de la Maison Blanche pour dire : « Faites arrêter ce président ».

L’extrême droite coréenne se rue sur le compte Instagram de la Maison Blanche pour dire : « Faites arrêter ce président ».

by Nicolas Lefèvre

L’intervention militaire américaine au Venezuela a suscité une vague de commentaires inattendus sur les réseaux sociaux de la Maison Blanche, provenant d’internautes sud-coréens d’extrême droite qui appellent à une intervention similaire en Corée du Sud. Ces messages, qui demandent notamment la destitution du président Lee Jae-myung, témoignent d’une polarisation politique croissante et d’une confiance persistante dans l’influence de l’ancien président américain Donald Trump.

Le 3 mars (heure locale), au lendemain de l’invasion du Venezuela et de l’arrestation du président Nicolás Maduro, la Maison Blanche a publié sur son compte Instagram une photographie en noir et blanc de Donald Trump montant des escaliers avec une expression déterminée. L’image était accompagnée du sigle « FAFO », un argot américain signifiant « Fxxk Around and Discover Out », interprété par certains comme une mise en garde à l’encontre de ceux qui s’opposeraient aux intérêts américains.

Contrairement aux commentaires majoritairement pro-Trump observés sur le compte de la Maison Blanche, les messages en coréen ont exprimé un fort mécontentement envers le gouvernement actuel de Corée du Sud. Les internautes accusent le président Lee Jae-myung et son parti, le Parti démocrate de Corée, d’être arrivés au pouvoir grâce à des élections frauduleuses et réclament une « correction » de la situation.

Plusieurs commentaires, particulièrement virulents, appellent explicitement à une intervention américaine : « Veuillez corriger la République de Corée, un exportateur de fraude électorale », « Des espions pullulent au sein du faux président et du parti au pouvoir de la République de Corée. Respecté président américain et citoyens américains alliés, veuillez sauver la République de Corée, qui est en train de devenir communiste », ou encore « Veuillez livrer également le dictateur socialiste fou anti-américain et pro-chinois à Guantanamo Bay dès le matin ». Certains ont même défendu la déclaration de loi martiale de l’ancien président Yoon Seok-yeol, estimant qu’elle relève de l’autorité inhérente du président.

L’attention s’est également portée sur le lieu où la photographie de Trump a été prise : la base aérienne de l’aéroport de Busan Gimhae, où il avait rencontré le président chinois Xi Jinping en octobre dernier. Cette coïncidence a alimenté les spéculations sur une possible visée de l’intervention américaine au-delà du Venezuela, notamment à l’égard de la Chine.

Ce regain d’espoir dans une intervention de Trump, surnommée la « théorie du salut Trump » par ses partisans, n’est pas nouveau. Après la destitution de l’ancien président Yoon en décembre 2024, certains avaient espéré une intervention directe de Trump, allant jusqu’à imaginer l’envoi d’un porte-avions pour le libérer. Ces espoirs se sont cependant avérés vains.

Le succès du premier sommet Corée-États-Unis après l’arrivée au pouvoir de Lee Jae-myung avait même provoqué la colère de certains, qui se sentaient « poignardés dans le dos » par Trump. L’ancien président américain avait alors félicité Lee Jae-myung pour son élection, le qualifiant de « grand leader » et de « personne vraiment intelligente ». Les rencontres suivantes entre les deux dirigeants, notamment lors du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), avaient confirmé cette ambiance cordiale, et Lee Jae-myung avait même reçu une clé en or de la Maison Blanche, présentée comme le dernier exemplaire d’une série de cinq.

L’intervention américaine au Venezuela semble avoir ravivé les attentes des forces d’extrême droite sud-coréennes, qui espèrent désormais une implication plus directe de Trump dans la politique intérieure de leur pays.

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