Publié le 6 janvier 2024 à 19h38. L’arrestation récente de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse à New York a relancé l’intérêt des États-Unis pour les richesses minières du Venezuela, notamment les métaux rares essentiels à l’industrie technologique et à la transition énergétique.
- L’administration Trump explore les opportunités offertes par les ressources naturelles du Venezuela, au-delà du pétrole.
- Les métaux rares vénézuéliens pourraient aider les États-Unis à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine dans ce domaine stratégique.
- Le Groenland, également riche en minéraux clés, est également au centre de l’attention américaine.
L’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse, transférés à New York pour y être jugés, a coïncidé avec une intensification des discussions au sein de l’administration Trump et parmi les analystes financiers concernant le potentiel minier du Venezuela. Si le pays est traditionnellement connu pour ses importantes réserves pétrolières, l’extraction de métaux rares pourrait, selon Washington, contribuer à redresser sa situation économique et à offrir aux États-Unis un avantage stratégique face à la Chine.
Les responsables américains estiment que le Venezuela et le Groenland disposent de gisements significatifs de gallium, de germanium, d’indium, de tantale et de silicium, des éléments cruciaux pour la fabrication de puces d’intelligence artificielle de pointe. Le Groenland est également riche en palladium, un métal absent du Venezuela. En revanche, le Venezuela possède des quantités plus importantes de coltan, un minéral essentiel à la production de smartphones, d’ordinateurs portables et de véhicules électriques.
Les deux territoires partagent également des réserves de thorium, un métal pouvant être transformé en uranium 233 fissile et utilisé comme combustible nucléaire, ainsi que des minéraux essentiels à la transition énergétique, tels que le lithium, le cobalt et le nickel, nécessaires au fonctionnement des centres de données massifs utilisés par l’intelligence artificielle.
Selon le site d’information Axios, l’intérêt américain pour ces ressources vitales s’inscrit dans une stratégie plus large visant à contrôler les technologies d’armement et d’intelligence artificielle, qui représentent désormais une part importante de l’économie et des marchés boursiers américains. Actuellement, Washington dépend fortement de Pékin, qui contrôle 90 % de l’approvisionnement mondial en terres rares, pour satisfaire la plupart de ses besoins.
Bien que l’administration Trump se concentre sur les métaux rares et l’intelligence artificielle, elle reste, selon Axios, profondément attachée au secteur pétrolier. Malgré les critiques concernant l’intervention américaine au Venezuela, Donald Trump semble peu préoccupé et affiche sa confiance dans la doctrine Monroe, qui vise à affirmer l’influence américaine sur l’hémisphère occidental.
Un conseiller de Trump a déclaré à Axios que l’intervention américaine au Venezuela pourrait être mutuellement bénéfique, affirmant : « La meilleure façon de stabiliser le Venezuela est de favoriser son développement économique, et le gouvernement américain est dans une position stratégique pour suivre de près toutes les infrastructures vitales afin de renforcer la sécurité nationale. »
L’exploitation de ces ressources nécessitera cependant des investissements importants dans le raffinage et la transformation, un processus qui pourrait prendre plusieurs années. Le vice-président américain, J.D. Vance, a souligné mardi que tout futur dirigeant vénézuélien devra coopérer avec Washington, ajoutant : « L’opération de Caracas était d’une importance capitale et a été menée à bien, et je pense qu’elle apportera de nombreux avantages au peuple américain. »