L’administration Trump a réaffecté à plein temps tous les agents d’immigration de la Fraud Detection and National Security Directorate (FDNS) vers deux initiatives prioritaires : le filtrage des réfugiés sud-africains et la recherche d’électeurs prétendument illégaux, selon une correspondance interne. Cette unité dépend des U.S. Citizenship and Immigration Services (USCIS), une agence rattachée au Department of Homeland Security.
La réaffectation des agents anti-fraude de l’immigration
Cette décision prive l’agence de la possibilité de détacher des agents pour la formation des officiers chargés de l’asile dans un avenir proche. L’unité FDNS a pour mission habituelle de détecter les fraudes et les problèmes de sécurité nationale dans les demandes d’avantages liés à l’immigration, y compris les demandes d’asile. Ses agents travaillent dans des bureaux d’asile, des centres de service et des bureaux locaux afin d’identifier les cas nécessitant des enquêtes approfondies, de transmettre les infractions potentielles aux services de répression et d’aider les autres agents de l’immigration à repérer les documents et demandes frauduleux.
Domination des réfugiés sud-africains dans les admissions
La réaffectation de ces effectifs s’inscrit dans le cadre d’un programme préférentiel mis en place par l’administration Trump, qui a considérablement réduit le nombre de réfugiés admis en provenance de la plupart des autres régions du monde. L’administration affirme que certains Sud-Africains, en particulier les Afrikaners, font l’objet de discriminations raciales et de persécutions, évoquant une « white genocide » dans le pays. Le gouvernement sud-africain a rejeté ces affirmations de persécution raciale généralisée, les qualifiant de non fondées et politiquement motivées.

Les chiffres officiels montrent que sur les 10 258 réfugiés entrés aux États-Unis entre le 1er octobre 2025 et le 31 juillet 2026, 10 255 étaient des Sud-Africains, les trois autres étant des Afghans admis en novembre. Les Sud-Africains ont ainsi représenté environ 99,97 % de l’ensemble des admissions de réfugiés aux États-Unis au cours de cette période de dix mois.
Enquêtes sur les électeurs non-citoyens
La seconde priorité assignée aux agents de la FDNS concerne l’examen des non-citoyens soupçonnés de s’être inscrits ou d’avoir voté lors d’élections américaines. Cette directive s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par l’administration pour cibler le vote illégal des non-citoyens, un sujet mis en avant par Donald Trump malgré le scepticisme des experts quant à l’ampleur du problème.

Conséquences sur le traitement des demandes d’asile
Le traitement des demandes d’asile avait déjà connu un coup d’arrêt important sous l’administration Trump, laissant de nombreuses personnes dans l’incertitude. Interrogé à ce sujet, le porte-parole des USCIS, Zach Kahler, a déclaré que la direction travaille sur différents portefeuilles de vérification pour lutter contre la fraude, maintenir l’intégrité du système d’immigration et détecter les menaces pesant sur la sécurité nationale et publique, englobant l’intégrité des élections et le filtrage des réfugiés.
Pour l’instant, la correspondance interne n’a pas précisé si les contrôles réguliers de routine concernant les demandes d’asile en attente avaient été totalement suspendus ou si l’ensemble des effectifs de la FDNS avait été redéployé sans distinction, tandis que la durée de ces mesures reste indéterminée.