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Un pilote d’Alaska Airlines qui a atterri en toute sécurité après l’explosion d’un panneau poursuit Boeing en justice

Publié le 6 janvier 2024 à 20h19. Le pilote d'Alaska Airlines, salué pour son sang-froid après une avarie spectaculaire en plein vol, poursuit Boeing, estimant que le constructeur aéronautique a tenté de le rendre responsable de l'incident dans…

Un pilote d’Alaska Airlines qui a atterri en toute sécurité après l’explosion d’un panneau poursuit Boeing en justice

Publié le 6 janvier 2024 à 20h19. Le pilote d’Alaska Airlines, salué pour son sang-froid après une avarie spectaculaire en plein vol, poursuit Boeing, estimant que le constructeur aéronautique a tenté de le rendre responsable de l’incident dans le cadre de procédures judiciaires antérieures.

  • Le capitaine Brandon Fisher, aux commandes du vol 1282, affirme que Boeing a cherché à le blâmer, lui et son équipage, malgré les conclusions de l’enquête.
  • L’incident, survenu en janvier 2024, a vu un panneau de prise de porte se détacher en plein vol, mais l’avion a pu atterrir en toute sécurité sans faire de morts.
  • L’enquête préliminaire pointe du doigt un défaut de maintenance, avec des boulons de fixation manquants et non remplacés lors d’une réparation.

Le capitaine Brandon Fisher a été publiquement félicité par les autorités américaines de l’aviation civile, la Federal Aviation Administration (FAA), et le National Transportation Safety Board (NTSB), ainsi que par la direction de Boeing, pour avoir permis d’éviter une catastrophe lors du vol 1282. Pourtant, selon sa plainte déposée devant un tribunal de l’Oregon, Boeing a tenté de détourner sa responsabilité dans des poursuites intentées par certains passagers, lui causant une détresse importante.

Les avocats du capitaine Fisher soulignent que cette attitude est d’autant plus choquante qu’il a piloté des avions Boeing tout au long de sa carrière chez Alaska Airlines. Ils dénoncent une « trahison profonde et personnelle » de la part d’une entreprise qui se targue de valoriser ses pilotes.

Quatre agents de bord avaient déjà engagé des poursuites contre Boeing suite à cet incident. L’enquête du NTSB a révélé que quatre boulons, censés fixer le panneau de prise de porte, avaient été retirés lors d’une opération de maintenance et n’avaient jamais été remplacés. Boeing et son principal fournisseur, Spirit Aerosystems, racheté depuis par Boeing, étaient tous deux impliqués dans cette affaire.

Les enquêteurs ont constaté que le panneau de prise de porte s’était progressivement déplacé au cours des 154 vols précédant l’incident, avant de finalement se détacher. L’éruption s’est produite quelques minutes après le décollage du vol en provenance de Portland, dans l’Oregon, créant une dépressurisation soudaine et un bruit assourdissant. Sept passagers et un agent de bord ont été légèrement blessés, mais l’avion a pu regagner l’aéroport de Portland en toute sécurité.

Le fuselage endommagé, mesurant environ 60 sur 120 centimètres, recouvrait une sortie de secours inutilisée située derrière l’aile gauche. Heureusement, seuls sept sièges étaient occupés à proximité de l’ouverture.

Des employés de l’usine Boeing ont témoigné auprès des enquêteurs du NTSB, affirmant qu’ils se sentaient sous pression pour travailler trop vite et qu’on leur demandait d’effectuer des tâches pour lesquelles ils n’étaient pas qualifiés.

Le procès du capitaine Fisher détaille comment lui et son copilote ont réagi avec rapidité et efficacité après la perte de pression en cabine, ramenant l’avion en toute sécurité à Portland tout en coordonnant leur action avec les contrôleurs aériens pour éviter tout autre appareil dans la zone.

Stan Deal, responsable de la division avions commerciaux de Boeing, avait initialement félicité l’équipage d’Alaska Airlines pour son atterrissage réussi dans une note adressée à ses employés.

Boeing n’a pas souhaité commenter directement cette nouvelle action en justice. Cependant, Kelly Ortberg, le PDG de l’entreprise, a fait de l’amélioration de la sécurité une priorité absolue depuis sa prise de fonction en août 2024. La FAA a infligé à Boeing une amende de 3,1 millions de dollars (environ 2,8 millions d’euros) pour des violations de sécurité constatées après l’incident du panneau de prise de porte.

En octobre dernier, l’agence a toutefois autorisé Boeing à augmenter sa production du 737 Max à 42 appareils par mois, estimant que les mesures prises par l’entreprise pour améliorer la sécurité étaient satisfaisantes. Alaska Airlines n’a pas non plus souhaité commenter le procès, mais a réaffirmé sa « gratitude envers ses membres d’équipage pour le courage et le sang-froid dont ils ont fait preuve sur le vol 1282, assurant la sécurité de tous les passagers à bord ».

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.