Publié le 7 janvier 2024 08:55:00. L’intervention américaine au Venezuela, visant à déstabiliser le régime de Nicolás Maduro, est perçue à Moscou comme un revers majeur, révélant les limites de l’influence russe sur la scène internationale et suscitant un sentiment d’envie face à l’efficacité de l’action américaine.
- L’opération au Venezuela a mis en évidence l’incapacité de la Russie à soutenir concrètement ses alliés dans des situations de crise.
- Des voix au sein de l’establishment russe expriment ouvertement leur admiration, voire leur envie, pour la rapidité et le succès de l’intervention américaine.
- L’analyste politique Abbas Galyamov estime que cette situation constitue une humiliation pour Vladimir Poutine et remet en question sa stratégie de puissance.
L’intervention américaine au Venezuela, qui visait à soutenir l’opposition au président Nicolás Maduro, a eu des répercussions bien au-delà des frontières vénézuéliennes. Selon le journal Politico, cet épisode a non seulement démontré la puissance de Washington, mais a également porté un coup significatif à l’image de Vladimir Poutine en tant qu’acteur mondial influent.
L’incapacité de la Russie à défendre son allié vénézuélien, malgré des liens politiques et militaires étroits, est particulièrement frappante. Moscou, qui se positionne comme un défenseur de la souveraineté nationale et un promoteur d’un ordre mondial multipolaire, n’a pas réussi à empêcher l’escalade de la tension au Venezuela. Cette passivité contraste avec la rhétorique du Kremlin qui, depuis des années, prône une alternative à l’hégémonie occidentale.
L’analyste politique et ancien rédacteur de discours du Kremlin, Abbas Galyamov, souligne l’humiliation ressentie par Moscou.
« Ce que Poutine a promis de faire en Ukraine, Trump l’a fait en une demi-heure au Venezuela. »
Abbas Galyamov, analyste politique et ancien rédacteur de discours du Kremlin
Il ajoute que cette situation ne fait qu’accroître l’envie ressentie par la Russie face à l’efficacité de l’action américaine.
L’opération au Venezuela s’inscrit dans une tendance plus large : la Russie semble de plus en plus incapable d’aider ses partenaires dans les moments critiques. Des exemples précédents, tels que le retrait de Moscou lors de la reprise du Haut-Karabagh par l’Azerbaïdjan, son incapacité à sauver le régime de Bachar al-Assad en Syrie, ou encore le manque de soutien réel à l’Iran lors des frappes américano-israéliennes, illustrent cette faiblesse. Le Venezuela rejoint désormais cette liste, un pays qui a reçu pour plus de 20 milliards de dollars d’armes russes depuis 1999 et qui était au cœur de projets énergétiques bilatéraux.
Si le ministère russe des Affaires étrangères a condamné l’intervention américaine comme une « violation de la souveraineté » et que certains politiciens pro-Kremlin ont dénoncé un « impérialisme du XIXe siècle », un autre sentiment émerge de plus en plus dans les médias russes : l’envie. L’idéologue ultranationaliste russe Alexandre Douguine a même appelé à reproduire l’action américaine, mais avec plus de célérité.
« La Russie entière se demande pourquoi nous ne faisons pas de même avec nos ennemis. »
Alexandre Douguine, idéologue ultranationaliste russe
La propagandiste Margarita Simonyan a également admis que la situation au Venezuela est une source « d’envie ». Les analystes soulignent que Vladimir Poutine promeut depuis des années le principe de « l’État sur le droit », mais que ce sont les États-Unis qui ont démontré comment ce principe peut être appliqué dans la pratique, de manière rapide, décisive et sans conséquences apparentes. Galyamov conclut que Poutine a créé un monde où seul le succès compte, et que l’intervention américaine au Venezuela a mis en lumière cette réalité, tout en humiliant le Kremlin. Plus d’informations sur NRA.lv
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