La relation complexe entre politique et droit international est marquée par une faiblesse fondamentale : l’incapacité du droit à imposer des sanctions universellement acceptées et appliquées. Cette réalité a sapé les efforts déployés tout au long du XXe siècle pour réguler les actions des États souverains, et continue d’influencer les conflits contemporains.
Au-delà des considérations juridiques, l’opinion publique, lorsqu’elle se manifeste, juge les interventions militaires en fonction de leurs causes profondes et de leurs conséquences concrètes. Cette distinction rappelle la différence entre une démocratie formelle, qui garantit des droits et des libertés, et une démocratie substantielle, qui prend en compte les réalités sociales et les besoins des populations. De même, sur la scène internationale, le droit constitue un cadre formel insuffisant pour répondre aux objectifs politiques des États.
Ces objectifs sont souvent dictés par des impératifs de sécurité, des considérations morales, des intérêts économiques ou des motivations idéologiques. L’histoire récente, notamment la seconde moitié du XXe siècle, témoigne de la prolifération de guerres régionales, en Afrique et en Asie, menées en dehors de tout cadre juridique international. De la guerre de Corée dans les années 1950 à l’« opération militaire spéciale » russe en Ukraine, les exemples sont nombreux.
Il est frappant de constater que Vladimir Poutine dénonce lui-même les actions de l’OTAN comme une violation du droit international, alors qu’il agit de la même manière en Ukraine. Cette contradiction illustre la primauté de la substance sur la forme dans les relations internationales. En fin de compte, l’analyse des événements se base sur une évaluation des faits et de leurs conséquences, et non sur une interprétation juridique minutieuse.
Chaque guerre est le résultat d’un conflit sous-jacent qui évolue et conduit à des décisions qui peuvent dépasser les limites du droit international. Pour juger de tels événements, il est essentiel d’examiner les circonstances concrètes. Par exemple, les déclarations du pape Bergoglio comparant l’OTAN à un « chien qui aboie » aux frontières de la Russie justifiaient-elles l’invasion russe ? Israël était-il tenu, selon le droit international, de déclarer la guerre à l’État palestinien après les attentats du 7 octobre ? Et les justifications avancées par le gouvernement américain pour justifier une opération militaire au Venezuela reposent-elles sur des faits avérés ?
Il apparaît de plus en plus évident que notre jugement sur les événements internationaux est influencé par une évaluation préalable des acteurs impliqués. À titre personnel, si une force de police mondiale devait exister, je préférerais qu’elle soit assurée par les États-Unis plutôt que par la Russie ou la Chine.