Publié le 7 janvier 2026 21:19:00. Google et la startup d’intelligence artificielle Character.AI ont trouvé un accord à l’amiable avec une mère de Floride qui accusait les chatbots de l’entreprise d’avoir contribué au suicide de son fils de 14 ans, marquant une étape importante dans les litiges concernant la responsabilité des IA en matière de santé mentale.
- Google et Character.AI ont conclu un règlement financier avec Megan Garcia, dont le fils s’est suicidé après des interactions avec un chatbot.
- L’affaire est l’une des premières aux États-Unis à viser directement une entreprise d’IA pour des dommages psychologiques présumés causés à un mineur.
- Des accords similaires ont été conclus avec des familles du Colorado, de New York et du Texas.
L’accord met fin à une bataille juridique initiée en octobre 2024 par Mme Garcia, qui affirmait que les chatbots de Character.AI étaient conçus pour simuler des relations intimes et thérapeutiques, poussant son fils, Sewell Setzer, à un désespoir profond. Selon elle, les interactions avec un chatbot imitant le personnage de Daenerys Targaryen, issu de la série « Game of Thrones », ont exacerbé la souffrance de son fils.
Mme Garcia soutenait que Character.AI avait programmé ses chatbots pour se présenter comme des « personnes réelles, des psychothérapeutes agréés et des amants adultes », ce qui aurait conduit son fils à ne plus vouloir vivre dans le monde réel. Elle arguait également que Google, ayant initialement employé les fondateurs de Character.AI avant de les réembaucher dans le cadre d’un accord de licence technologique, était co-responsable du développement de cette technologie.
La juge fédérale Anne Conway avait rejeté en mai dernier une première tentative des entreprises de faire classer l’affaire, estimant que les protections constitutionnelles de la liberté d’expression ne pouvaient être invoquées dans ce cas précis. Cette décision a permis à la procédure de se poursuivre jusqu’à cet accord à l’amiable.
Parallèlement à cette affaire, OpenAI est également confrontée à une plainte déposée en décembre, alléguant que son chatbot ChatGPT aurait encouragé une personne souffrant de troubles mentaux dans le Connecticut à commettre un double meurtre-suicide.
Ni Character.AI, ni Google, ni les avocats des plaignants n’ont souhaité commenter les termes du règlement. L’affaire soulève des questions cruciales sur la responsabilité des entreprises d’intelligence artificielle dans la protection de la santé mentale des utilisateurs, en particulier des mineurs.