Publié le 9 janvier 2024. Le biopic « Giant », qui retrace l’ascension fulgurante du boxeur Naseem Hamed, ravive le souvenir d’une relation complexe avec son entraîneur Brendan Ingle, et d’un regret persistant : ne jamais avoir pu apaiser les tensions.
- Le film « Giant », sorti en salles, explore la relation entre Naseem Hamed et Brendan Ingle, l’homme qui a façonné le champion.
- Hamed exprime son regret de ne jamais avoir pu se réconcilier avec Ingle avant son décès en 2018.
- Les tensions entre les deux hommes sont apparues avec la montée en puissance financière de Hamed et ont été exacerbées par la publication d’un livre controversé.
Naseem Hamed, 51 ans, se souvient avec émotion d’une scène imaginaire, intégrée au film, où il retrouve Brendan Ingle. Une vision qui a profondément marqué l’ancien champion du monde des poids plumes. « Voir cela se dérouler devant moi comme si cela aurait pu arriver… J’ai en fait dit au réalisateur et au producteur : ‘J’aimerais seulement que cette dernière scène soit vraiment vraie, parce que j’aurais voulu ça’ », a-t-il confié à BBC Sport.
« Giant » retrace le parcours exceptionnel de Hamed, de son enfance à Sheffield à son statut de superstar mondiale. Le film met en lumière l’influence déterminante d’Ingle, qui a détecté le talent brut du jeune Naseem à l’âge de sept ans et l’a guidé vers le sommet. Il raconte comment Hamed est devenu champion du monde à seulement 21 ans, avant que des désaccords financiers et personnels ne viennent fissurer leur relation.
Les tensions ont commencé à s’intensifier lorsque Hamed et sa famille ont contesté les 25 % de commission prélevés par Ingle sur ses gains, qui devenaient considérables. La publication en 1998 du livre « The Paddy and The Prince » par Nick Pitt a ensuite porté un coup fatal à leur entente. La séparation, survenue peu après la victoire de Hamed contre Wayne McCullough, a été amère et définitive.
Malgré la rupture, Hamed a tenté à plusieurs reprises de renouer avec Ingle, en vain. L’entraîneur légendaire a toujours refusé de lui accorder une audience. « Il ne voulait pas avoir ce type de réunion finale et devoir clarifier les choses avec cela », explique Hamed.
Le décès d’Ingle en 2018, à l’âge de 77 ans, a laissé Hamed avec un sentiment de regret profond. Il n’a pu rendre qu’un hommage public à celui qui l’avait propulsé sur le devant de la scène internationale. « Si je devais vous dire qu’il n’y a aucun regret et que je m’en fiche, je mentirais », a-t-il admis. « J’ai un cœur et j’avais l’impression d’avoir commencé à l’âge de sept ans avec lui. Il a posé les bases et m’a appris des choses que je ne peux jamais ne pas inclure. »
Hamed insiste sur le rôle essentiel d’Ingle dans sa carrière. « Je dois le mentionner dans le bon sens, pas parce que je le dois, mais parce que je le veux », conclut-il.