L’Ukraine a été la cible d’une attaque massive de la Russie dans la nuit de jeudi à vendredi, impliquant des centaines de drones et des dizaines de missiles. Cette frappe, qui a fait au moins quatre morts, a également vu l’utilisation, pour la deuxième fois, d’un missile hypersonique russe de nouvelle génération, suscitant des condamnations internationales et des appels à une réponse ferme.
Selon les autorités ukrainiennes, quatre personnes ont perdu la vie et au moins 25 ont été blessées à Kiev, la capitale, où des immeubles résidentiels ont été touchés. Parmi les victimes, on compte un membre d’une équipe d’ambulance. Vingt bâtiments d’habitation ont été endommagés, et près de 6 000 immeubles, soit environ la moitié du parc résidentiel de la ville, se retrouvent sans chauffage. L’approvisionnement en eau a également été interrompu dans certains quartiers.
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a lancé un appel exceptionnel aux habitants, les incitant à quitter temporairement la ville si possible, en raison des températures glaciales (environ -15°C) qui devraient encore baisser. Les services municipaux ont déployé des chaudières mobiles pour rétablir le chauffage dans les établissements publics essentiels, tels que les hôpitaux et les maternités.
L’attaque a été particulièrement vivement condamnée en raison de l’utilisation d’un nouveau type de missile, le Oreshnik, que Moscou affirme capable d’atteindre une vitesse Mach 10 – soit dix fois la vitesse du son – et d’être invulnérable aux systèmes de défense antimissile. Les services de sécurité ukrainiens considèrent l’emploi de cette arme comme un crime de guerre.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé l’attaque sur les réseaux sociaux, révélant qu’un drone russe avait frappé l’ambassade du Qatar à Kiev. Il a souligné l’importance du rôle joué par le Qatar dans la médiation des échanges de prisonniers de guerre.
Moscou justifie cette frappe comme une représaille à une attaque de drone ukrainien contre la résidence du président Vladimir Poutine le mois dernier, allégation rejetée par Kiev et par le président Trump. Des responsables ukrainiens et M. Trump ont tous deux nié toute implication dans l’incident.
Par ailleurs, cette escalade intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la Russie et les États-Unis, notamment après la saisie par les autorités américaines d’un pétrolier dans l’Atlantique Nord. Le président Trump a indiqué qu’il soutenait un ensemble de sanctions sévères visant à affaiblir économiquement Moscou.
Volodymyr Zelensky a appelé à une « réponse claire » de la communauté internationale, en particulier des États-Unis, dont il estime que la Russie tient compte. Il a également souligné que des progrès significatifs avaient été réalisés lors de négociations avec des émissaires américains sur les termes d’un éventuel accord de paix, bien que Moscou n’ait montré aucun signe de volonté de renoncer à ses exigences.
L’Ukraine prévoit de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU et de demander une réunion urgente du Conseil Ukraine-OTAN en réponse à l’utilisation du missile Oreshnik. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a déclaré : « Une telle frappe près des frontières de l’UE et de l’OTAN constitue une menace grave pour la sécurité du continent européen et un test pour la communauté transatlantique. Nous exigeons des réponses fortes aux actions imprudentes de la Russie. »
Le pape Léon XIV a également exprimé sa préoccupation face à la situation, appelant à un cessez-le-feu immédiat et à un dialogue constructif pour mettre fin aux souffrances en Ukraine.
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