Publié le 9 janvier 2026 à 14h50. Pour rivaliser avec la Chine dans l’automobile, les constructeurs européens misent désormais sur le logiciel, une transformation qui s’accélère grâce à des collaborations stratégiques.
- BMW, Mercedes et Volkswagen investissent massivement dans le développement de véhicules « définis par logiciel » (SDV).
- Cette approche permet de réduire les coûts, d’accélérer le développement de nouveaux modèles et d’offrir des fonctionnalités améliorées grâce aux mises à jour logicielles.
- Une initiative open source, portée par l’Association allemande de l’industrie automobile (VDA), vise à accélérer le rattrapage technologique européen.
Les constructeurs automobiles allemands BMW, Mercedes et Volkswagen présentent leurs dernières avancées en matière de technologie embarquée au salon CES de Las Vegas. L’enjeu est de taille : rattraper le retard pris face à la Chine, devenue un leader dans le domaine des véhicules connectés et autonomes. La clé de cette transformation réside dans le développement de véhicules « définis par logiciel » (SDV), où le logiciel est au cœur de la conception et du fonctionnement du véhicule.
Jusqu’à présent, l’industrie automobile européenne a accusé un retard significatif en matière de développement logiciel, ce qui a contribué à la baisse de ses ventes sur le marché chinois. Les constructeurs allemands tentent désormais de combler cet écart en misant sur des partenariats et des collaborations.
Un véhicule défini par logiciel (SDV) se distingue par sa conception. Traditionnellement, une voiture est construite en assemblant un châssis, un moteur, une transmission et une carrosserie, le tout relié par des kilomètres de câbles. Avec l’approche SDV, le logiciel est le point de départ. Cette méthode offre de nombreux avantages, notamment une réduction des coûts, car le développement n’a lieu qu’une seule fois et peut être appliqué à différents modèles. On parle alors de plateforme logicielle, complètement découplée du matériel.
Cette nouvelle approche permet également de simplifier l’architecture du véhicule, de réduire le nombre d’unités de commande et de diminuer le poids total. De plus, les SDV peuvent être améliorés en continu grâce aux mises à jour logicielles, permettant l’ajout de nouvelles fonctionnalités, comme des capacités de conduite semi-autonome, dès que la législation le permet.
L’un des principaux avantages de cette méthode est la réduction des délais de développement. Alors qu’il fallait auparavant jusqu’à cinq ans pour lancer un nouveau modèle, ce délai est désormais réduit à environ deux ans. La nouvelle Renault Twingo, présentée fin 2025, en est un exemple concret : elle a été développée en seulement 20 mois, grâce à un partenariat avec un fabricant chinois, mais sera produite en Europe.
BMW a dévoilé sa « nouvelle classe », une nouvelle plateforme de véhicule développée sur une base logicielle. Le premier modèle à en bénéficier est le SUV iX3, successeur électrique du X3. Cette architecture permet également de développer des véhicules hybrides ou à combustion interne. BMW travaille également avec le géant technologique Amazon, intégrant sa technologie Alexa+ comme assistant IA.
Volkswagen a annoncé un nouveau partenariat avec Qualcomm pour ses futurs modèles ID.1. Les véhicules seront équipés de modules d’infodivertissement et de connectivité basés sur le châssis numérique Snapdragon de Qualcomm, déjà utilisé dans 400 millions de véhicules dans le monde.
Mercedes, quant à elle, souhaite rendre ses véhicules plus accessibles à un public plus large tout en maintenant des marges bénéficiaires élevées. L’évolution vers des SDV est donc essentielle pour le constructeur de Stuttgart. La nouvelle Mercedes CLA compacte et le SUV électrique GLC, présentés au CES, sont les premiers fruits de cette stratégie. Le GLC intègre un système d’infodivertissement avec IA intégrée de Microsoft et Google, permettant une interaction vocale plus naturelle et personnalisée.
Grâce à un partenariat avec Nvidia, la Mercedes CLA pourra bientôt bénéficier de fonctionnalités de conduite hautement automatisée.
Cependant, cette dépendance à des fournisseurs de puces comme Nvidia soulève des questions sur la souveraineté technologique. Pour accélérer le développement de logiciels en dehors de la Chine, certains constructeurs adoptent une approche open source. L’Association allemande de l’industrie automobile (VDA) a annoncé une collaboration avec la Fondation Eclipse, une organisation majeure dans le domaine des logiciels open source, afin de créer un écosystème logiciel mondial. Les membres fondateurs de cette initiative incluent BMW, Bosch, Mercedes, Volkswagen et ZF. Les constructeurs chinois ne sont pas impliqués, car ils ne sont pas confrontés aux mêmes défis en matière de développement logiciel.