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Loi sur les sociétés | Plainte privée non recevable contre la fraude ; Ne peut être déposé que par la SFIO : Cour suprême

Publié le 9 janvier 2024 à 16h30. La Cour suprême a précisé les conditions dans lesquelles une action en justice pour fraude, relevant de la loi sur les sociétés de 2013, peut être engagée, limitant l'accès aux plaintes…

Loi sur les sociétés | Plainte privée non recevable contre la fraude ; Ne peut être déposé que par la SFIO : Cour suprême

Publié le 9 janvier 2024 à 16h30. La Cour suprême a précisé les conditions dans lesquelles une action en justice pour fraude, relevant de la loi sur les sociétés de 2013, peut être engagée, limitant l’accès aux plaintes privées et renforçant le rôle des autorités spécialisées.

  • Les plaintes pour fraude en vertu de la loi sur les sociétés de 2013 ne peuvent être initiées que par le Bureau d’enquête sur les fraudes graves (SFIO) ou un agent gouvernemental autorisé.
  • Les particuliers peuvent toutefois saisir le Tribunal national du droit des sociétés (NCLT) pour demander une enquête du SFIO sur des allégations de fraude.
  • Cette décision intervient dans le cadre d’un litige concernant le contrôle d’une société immobilière à Hyderabad.

La Cour suprême a statué que les plaintes directes pour fraude, basées sur la loi sur les sociétés de 2013, ne sont pas recevables devant les tribunaux spéciaux, sauf si elles émanent du directeur du Bureau d’enquête sur les fraudes graves (SFIO) ou d’un fonctionnaire expressément habilité par le gouvernement central. Cette décision, rendue le 9 janvier 2024, vise à éviter une multiplication de plaintes potentiellement infondées et à garantir une approche plus rigoureuse dans la poursuite des fraudes financières.

Toutefois, la Cour a souligné que cette restriction ne prive pas les individus de tout recours. Elle a précisé qu’un plaignant peut saisir le Tribunal national du droit des sociétés (NCLT) en vertu de l’article 213 de la loi, afin de solliciter une enquête du SFIO sur des allégations de fraude. Cette procédure est toutefois soumise à des critères d’éligibilité stricts.

« L’interdiction de saisir le tribunal spécial dans les affaires impliquant l’article 447 de la loi sur les sociétés était une garantie qui a été mise en place pour empêcher le dépôt de plaintes frivoles par des membres/actionnaires mécontents de l’entreprise ou des concurrents ayant des intérêts particuliers. En tant que tel, dans le cas où une allégation de fraude en vertu de l’article 447 de la loi sur les sociétés doit être établie, la plainte doit être déposée par le directeur de la SFIO ou un fonctionnaire autorisé par un ordre écrit du gouvernement. Cela ajoute un niveau de contrôle supplémentaire et une enquête avant de prendre connaissance des cas où des allégations de fraude sont faites et garantit que la connaissance n’est pas prise par le Tribunal spécial simplement lors du dépôt d’une plainte privée. »

Juges JK Maheshwari et K Vinod Chandran

L’affaire qui a conduit à cette décision concernait un différend pour le contrôle d’une société immobilière basée à Hyderabad. Le promoteur initial et d’anciens administrateurs s’étaient disputés quant à la gestion de l’entreprise. Les administrateurs avaient été démis de leurs fonctions en novembre 2021, suite à des modifications des statuts et à l’échec d’une tentative de renouvellement de leur mandat. Le promoteur avait alors déposé une plainte pénale privée, alléguant que les anciens administrateurs avaient illégalement convoqué une assemblée générale extraordinaire, adopté des résolutions frauduleuses et modifié les informations relatives à l’administration de la société sur le portail du ministère des Affaires générales.

Le Tribunal spécial pour les infractions économiques d’Hyderabad avait initialement accepté de traiter la plainte, retenant des accusations de violations des articles 448 (fausses déclarations) et 451 (manquements répétés) de la loi sur les sociétés, ainsi que divers articles du Code pénal indien (IPC). La Haute Cour de Telangana avait ensuite rejeté la demande des anciens administrateurs d’annuler la procédure, les conduisant à faire appel devant la Cour suprême.

Les anciens administrateurs avaient argumenté que les infractions reprochées relevaient de l’article 447 de la loi sur les sociétés (sanctions pour fraude) et que, en conséquence, la deuxième disposition de l’article 212(6) de la même loi interdisait au tribunal spécial de se saisir de l’affaire, sauf sur plainte du SFIO ou d’un fonctionnaire habilité. Le plaignant, quant à lui, soutenait que l’interdiction ne s’appliquait qu’à l’infraction spécifique prévue à l’article 447 et non aux articles 448 et 451.

La Cour suprême a finalement rejeté l’argument du plaignant, estimant que l’article 448, prévoyant des sanctions pour fraude telle que définie à l’article 447, était bien couvert par l’interdiction de l’article 212(6). Elle a donc annulé la décision de la Haute Cour et la plainte pénale a été classée.

La Cour a également rappelé une décision antérieure, rendue en 2022 dans l’affaire Sumana Paruchuri contre Jakka Vinod Kumar Reddy, dans laquelle elle avait déjà estimé qu’une plainte privée n’était pas recevable pour des infractions indirectement liées à la fraude au titre de l’article 447.

Jugement complet (PDF)

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.