Publié le 9 janvier 2024 18:30:00. Une exposition poignante à Sagunto utilise les débris laissés par les intempéries de la DANA (Dépréciation Atmosphérique Nuisible) pour rendre hommage aux victimes et souligner la résilience face à la catastrophe.
- L’exposition Personnages DANA : absences et adieux, de l’artiste Antonio García, est visible au Centre Culturel Mario Monreal jusqu’au 31 janvier.
- Plus de 50 œuvres composées de boue et de débris récupérés sur les lieux sinistrés témoignent de la douleur et de la perte.
- L’exposition met en lumière le travail des bénévoles et invite à ne pas oublier les conséquences de la DANA.
Le Centre Culturel Mario Monreal de Sagunto accueille actuellement une exposition singulière et émouvante. Intitulée Personnages DANA : absences et adieux, elle présente le travail d’Antonio García, un artiste qui a choisi de transformer la tragédie en art. L’exposition, qui se prolongera jusqu’à la fin du mois de janvier, propose une réflexion profonde sur les conséquences humaines et matérielles des intempéries de la DANA, qui ont frappé la région avec violence.
L’inauguration de l’exposition, qui s’est tenue ce vendredi, a rassemblé Ana María Quesada, conseillère à la Culture, Raúl Palmero, conseiller à la protection civile, l’artiste Antonio García lui-même, ainsi que d’autres représentants de l’équipe municipale.
Selon Antonio García, l’objectif de son œuvre est de maintenir vivante la mémoire des victimes et de rendre hommage à ceux qui ont apporté leur aide.
« Après le premier anniversaire de la catastrophe, l’attention médiatique semble s’être estompée, mais de nombreuses préoccupations nous hantent, et c’est pourquoi ces œuvres réalisées avec des déchets et de la boue des zones touchées ne cesseront de réclamer l’amour et l’attention que méritent les victimes. Il n’est pas possible d’imaginer ce qu’elles ont vécu sans se mettre à la place des victimes, surtout face aux absences et à l’impossibilité de dire au revoir à leurs proches. »
Antonio García, artiste
Le commissaire de l’exposition, José Mayor Iborra, souligne que le projet explore la notion de résilience d’une manière originale, en se concentrant sur la matière elle-même.
« L’ensemble ne recourt pas à la ‘spectacularisation’ de la catastrophe. Il préfère activer un type de connaissance qui surgit en observant comment la matière répond aux processus de détérioration, d’accumulation ou de stabilisation. »
José Mayor Iborra, commissaire de l’exposition
Il ajoute que l’exposition invite à une lecture attentive des vestiges, des traces laissées par la catastrophe, et à une réflexion sur la vulnérabilité et la mémoire.
L’exposition présente un ensemble d’œuvres construites à partir de matériaux transformés par la catastrophe : papiers froissés, sédiments durcis, typographies déformées, surfaces marquées par les éléments. Ces éléments, loin de reconstituer l’événement climatique, témoignent de ses effets tangibles et invitent à une méditation sur le deuil et la perte. Selon José Mayor,
« La résilience s’entend ici dans sa dimension strictement matérielle. Elle ne renvoie pas à une idée de récupération émotionnelle, mais à la manière dont le papier, l’argile ou les encres conservent la trace de ce qui leur est arrivé. »
José Mayor Iborra, commissaire de l’exposition
Personnages DANA : absences et adieux est donc une œuvre qui transforme la douleur en une métaphore visuelle puissante, où la boue, silencieuse, témoigne avec insistance d’un deuil inachevé.
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