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Une opération internationale de cybercriminalité conduit à 574 arrestations et à 3 millions de dollars de fonds récupérés

Publié le 10 janvier 2026 à 05h19. Une opération policière coordonnée à l'échelle continentale a permis de démanteler des réseaux de cybercriminalité financière en Afrique, avec plus de 570 arrestations et la récupération de près de 3 millions…

Une opération internationale de cybercriminalité conduit à 574 arrestations et à 3 millions de dollars de fonds récupérés

Publié le 10 janvier 2026 à 05h19. Une opération policière coordonnée à l’échelle continentale a permis de démanteler des réseaux de cybercriminalité financière en Afrique, avec plus de 570 arrestations et la récupération de près de 3 millions de dollars (environ 2,7 millions d’euros). L’opération Sentinelle, menée par Interpol, souligne l’importance d’une coopération internationale renforcée pour lutter contre cette menace transnationale.

  • La coordination transfrontalière s’avère cruciale : 19 pays ont collaboré pour effectuer 574 arrestations et saisir environ 3 millions de dollars.
  • La cybercriminalité est désormais perçue comme une activité financière à grande échelle, et non comme des incidents isolés.
  • L’intervention rapide pour perturber les activités criminelles, en gelant les comptes et en démantelant l’infrastructure, est aussi importante que les arrestations.

Une vaste opération de répression contre la cybercriminalité financière a été menée avec succès dans 19 pays africains, aboutissant à 574 arrestations et à la récupération d’environ 3 millions de dollars (environ 2,7 millions d’euros) de produits illicites. L’opération Sentinelle, coordonnée par Interpol dans le cadre de l’Opération conjointe africaine contre la cybercriminalité (AFJOC), s’est déroulée du 27 octobre au 27 novembre 2025 et visait spécifiquement les fraudes par compromission de messagerie professionnelle (BEC), les rançongiciels, l’extorsion numérique et la fraude en ligne. Ces menaces avaient été identifiées comme des priorités dans l’évaluation des cybermenaces en Afrique 2025 d’Interpol, qui a constaté une augmentation significative de leur ampleur et de leur sophistication sur le continent.

Cette initiative reflète un changement de stratégie majeur dans la lutte contre la cybercriminalité. Les autorités ne considèrent plus ces délits comme des incidents nationaux isolés, mais plutôt comme un écosystème financier transnational nécessitant une action coordonnée à travers les juridictions, les infrastructures et les canaux de paiement.

Les services de police des pays participants ont travaillé en étroite collaboration avec des partenaires internationaux et des entreprises du secteur privé pour identifier les infrastructures malveillantes, suivre les flux financiers et intervenir rapidement. Parmi les organisations qui ont apporté leur soutien, on compte TRM, Team Cymru, The Shadowserver Foundation, Trend Micro et Uppsala Security.

Cette collaboration a permis aux enquêteurs de combiner les méthodes d’investigation traditionnelles avec des renseignements de pointe, notamment l’analyse de domaines et d’infrastructures, l’identification de logiciels malveillants, le traçage de transactions sur la blockchain et des interventions directes sur les comptes. Au cours de l’opération, plus de 6 000 liens malveillants ont été supprimés, six variantes de rançongiciels ont été décryptées et des affaires impliquant des pertes estimées à plus de 21 millions de dollars (environ 19,3 millions d’euros) ont été examinées. L’opération a mis l’accent sur la perturbation des activités criminelles en temps réel et la protection des victimes, en plus des arrestations, afin de stopper les pertes financières en cours.

Au Sénégal, par exemple, les enquêteurs ont déjoué une tentative de fraude par compromission de messagerie professionnelle ciblant une compagnie pétrolière. Les fraudeurs avaient tenté de détourner 7,9 millions de dollars (environ 7,2 millions d’euros) en manipulant des factures et en falsifiant des communications. Les autorités ont identifié la fraude à temps et ont gelé les comptes de destination avant que les fonds ne puissent être retirés, évitant ainsi une perte financière importante.

Au Ghana, une attaque de rançongiciel contre une institution financière a entraîné le chiffrement d’environ 100 téraoctets de données et le vol d’environ 120 000 dollars (environ 110 000 euros). Les autorités locales ont identifié la souche du malware et, avec l’aide de leurs partenaires, ont développé un outil de décryptage qui a permis de récupérer près de 30 téraoctets de données affectées, atténuant ainsi les dommages opérationnels à long terme.

Dans le cadre d’une enquête conjointe entre le Ghana et le Nigeria, un réseau frauduleux transnational utilisant de faux sites web de livraison de nourriture et des applications mobiles frauduleuses pour escroquer plus de 200 victimes a été démantelé. Dix suspects ont été arrêtés, plus de 100 appareils numériques ont été saisis et 30 serveurs frauduleux ont été mis hors ligne, réduisant considérablement la capacité opérationnelle du groupe.

Au Bénin, les enquêteurs ont fermé 43 domaines malveillants et plus de 4 300 comptes de réseaux sociaux liés à des campagnes d’extorsion, d’usurpation d’identité et de fraude. Ces actions ont conduit à plus de 100 arrestations et ont perturbé de nombreuses activités frauduleuses ciblant des victimes dans plusieurs pays.

L’activité financière liée à la cybercriminalité se caractérise généralement par des mouvements rapides de fonds entre de nombreux comptes, portefeuilles et intermédiaires. Les auteurs de rançongiciels et de fraudes ont tendance à mélanger les fonds, à superposer les transactions et à tenter de les encaisser par le biais d’une combinaison d’institutions financières traditionnelles, de services de transfert d’argent mobile et de plateformes de cryptomonnaie.

Les auteurs de ransomwares et de fraudes transfèrent généralement des fonds via plusieurs adresses et mélangent les fonds avant de les encaisser.

TRM a soutenu l’opération Sentinelle en fournissant des renseignements sur la blockchain pour aider à retracer les activités financières illicites, à identifier l’infrastructure des portefeuilles et à faciliter le gel d’urgence des fonds, le cas échéant. Ce soutien s’est intégré à des efforts d’enquête plus larges, reflétant la réalité selon laquelle les enquêtes modernes sur la cybercriminalité couvrent de plus en plus les systèmes en chaîne et hors chaîne. La collaboration public-privé s’est avérée particulièrement précieuse dans les situations urgentes, où l’identification précoce des infrastructures ou des flux financiers a permis aux forces de l’ordre d’agir avant que les fonds ne puissent être déplacés ou blanchis de manière irréversible.

L’opération Sentinelle illustre la capacité croissante des services de police africains à répondre à grande échelle à la cybercriminalité financière, avec le soutien d’une coordination internationale et d’une expertise technique. Elle souligne également l’importance d’une intervention proactive – gel des comptes, désactivation de l’infrastructure et perturbation des réseaux pendant que l’activité est en cours – plutôt que de se fier uniquement à des enquêtes post-incident.

« Cette opération reflète un fort engagement des services de détection et de répression africains, travaillant en étroite coordination avec des partenaires internationaux, pour protéger les moyens de subsistance, sécuriser les données personnelles sensibles et préserver les infrastructures critiques. »

Neal Jetton, Directeur de la cybercriminalité d’INTERPOL

La cybercriminalité financière continue d’évoluer rapidement, les attaquants exploitant l’automatisation, l’ingénierie sociale et les infrastructures transfrontalières pour étendre leurs opérations. L’opération Sentinelle démontre qu’une application coordonnée, soutenue par des renseignements en temps réel et une collaboration public-privé, peut perturber de manière significative ces réseaux et réduire les dommages.

TRM Labs continuera à soutenir les organismes d’application de la loi à l’échelle mondiale en fournissant des renseignements sur la blockchain et un soutien aux enquêtes dans les affaires complexes de criminalité financière. Des opérations comme Sentinelle soulignent l’importance croissante d’une coopération internationale soutenue, alors que les cybermenaces transcendent de plus en plus les frontières nationales.

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Foire aux questions (FAQ)

1. Qu’était l’opération Sentinelle ?

L’opération Sentinelle était une opération d’un mois dirigée par Interpol dans le cadre de l’AFJOC et visant à perturber la cybercriminalité financière dans 19 pays africains.

2. Quels types de crimes ont été ciblés par l’Opération Sentinelle ?

L’opération Sentinelle s’est concentrée sur la compromission de la messagerie professionnelle (BEC), les rançongiciels, l’extorsion numérique, la fraude en ligne et les délits financiers associés.

3. Combien d’arrestations et de saisies ont résulté de l’opération Sentinelle ?

Les autorités ont procédé à 574 arrestations et récupéré environ 3 millions de dollars (environ 2,7 millions d’euros) de produits illicites.

4. Quel rôle les partenaires du secteur privé ont-ils joué dans l’Opération Sentinelle ?

Les organisations du secteur privé ont fourni des renseignements techniques, des analyses d’infrastructure et un suivi de la blockchain qui ont soutenu les enquêtes et permis une intervention rapide.

5. Pourquoi l’Opération Sentinelle est-elle importante ?

L’Opération Sentinelle démontre l’efficacité d’une répression coordonnée et transfrontalière et d’une collaboration public-privé pour perturber les réseaux de cybercriminalité à grande échelle.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.